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'Urwah Ibn Az Zubayr Ibn Al 'Awwâm - عروة ابن الزبير بن العوام (d.94)

Fév 17, 2014

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Al Imâm 'Urwah Ibn Az Zubayr est l'un des plus grands savants parmi les épigones. Il est le fils de Sayyyidah Asmâ° Bint Abî Bakr As Siddîq et de Sayyidunâ Zubayr Ibn Al 'Awwâm, Compagnons du Prophète (). 'Urwah est aussi le frère de l'Imâm 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr, le neveu de Sayyidah 'Aïshah et le cousin de l'Imâm Al Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr (qu'Allâh les agrée tous).

 

 

Al Qâdî Shams Ud Dîn Ibn Khallikân a dit dans son Wafayât Ul A'yân :

 

 

" Abû 'Abdi Llâh 'Urwah Ibn Az Zubayr Al Qurashî Al Asadî fut l'un des 7 éminents juristes de Médine.

 

 

" Son père Az Zubayr Ibn Al 'Awwâm fut l'un des 10 Compagnons à qui le Prophète () a promis le Paradis. Az Zubayr était le fils de Al 'Awwâm Ibn Khuwaylid Ibn Asad Ibn 'Abd Il 'Uzzah Ibn Qusay Ibn Kilâb [et avait donc des ancêtres communs avec le Prophète], ainsi que le fils de Sâfiyyah qui était une tante paternelle. La mère de 'Urwah était Asmâ° Bint Abî Bakr As Siddîq, celle qui fut surnommé Dhât Un Nitâqayn [1]. 'Urwah était le frère utérin de 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr, alors que Mus'âb, le troisième des frères, naquit d'une autre mère. Il transmit une manière particulière de réciter certains mots du Qur°ân et il apprit le hadîth auprès de sa tante 'Âïshah, la Mère des Croyants. Ibn Shihâb Az Zuhrî ainsi que d'autres rapportèrent des ahâdîth de lui. "

 

 

Le Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° a dit dans son Târîkh Ul Madhâhib :

 

 

" Il naquit sous le Califat de 'Uthmân Ibn 'Affân et mourut en 94 de l'Hégire. Il vécut les troubles qui se produisirent après l'assassinat de 'Uthmân, et à la suite desquels son frère 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr rivalisa avec 'Abd Ul Malik Ibn Marwân pour l'accession au pouvoir. Cependant, on n'a pas entendu dire qu'il fut impliqué dans l'affaire ou que son frère l'appela à l'aide. Il semble donc qu'il se consacrât exclusivement aux études religieuses, et il étudia le droit et le hadîth dans lequel il était, selon son élève Ibn Shihâb, un puits de science

 

 

Si Ibn Al Musayyib était le meilleur juriste parmi les épigones de Médine, 'Urwah était le plus réputé en hadîth. Il tenait ses connaissances d'un groupe de Compagnons, parmi lesquels 'Âïshah, la Mère des Croyants, qui enseigna également à Al Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr, son neveu. 'Urwah était le meilleur connaisseur de ahâdîth de 'Âïshah, et il a dit à ce propos : " Je disais 4 ans avant la mort de 'Âïshah : " Si elle mourait, je ne regretterais pas d'avoir négligé un de ses ahâdîth. ". "

 

 

Il semble qu'il était soucieux de consigner les ahâdîth et la jurisprudence qu'il apprenait. Son fils Hishâm raconte à ce propos qu'il rédigea des livres, mais que, de crainte de les mettre au même niveau que le Qur°ân, il finit par les brûler le jour de Al Harra.

 

 

Il résulte de tout cela qu'il était un rapporteur de hadîth et un juriste plutôt orienté vers la transmission, sans qu'il ait eu l'audace de quelqu'un comme Ibn Al Musayyib dans le domaine de délivrance de fatwâ° (al iftâ°). "

 

 

Et de par le fait qu'il fut l'un des 7 juristes de Médine, il influença fortement l'Imâm Mâlik Ibn Anas (qu'Allâh l'agrée) ainsi que les partisans de son madh-hab. Un certain nombre de ses paroles se trouvent d'ailleurs dans le Muwattâ° de l'Imâm Mâlik. Il fut également l'un des maîtres de l'Imâm Zayd Ibn 'Alî Ibn Al Husayn Ibn 'Alî Ibn Abî Tâlib (que La Paix soit sur lui).

 

 

En plus d'être un immense savant, il était également un grand saint et un homme remarquable. Ibn Khallikân dit ainsi de lui : " 'Urwah était un homme de science et de sainteté. " Et ses mérites sont nombreux, les anecdotes attestant de cela le sont également.

 

 

A ce titre, le Shaykh Muhammad Al 'Utbî a dit dans son Târîkh Ul Yamînî :

 

 

" 'Abd Ul Malik Ibn Marwân, 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr et ses deux frères Mus'ab et 'Urwah se trouvaient dans l'enceinte de la Mosquée Sacrée à l'époque où tous reconnaissaient l'autorité de Mu'âwiyah Ibn Abî Sufyân. L'un d'eux dit alors : " Venez ! Que chacun de nous fasse un vœu ! " Suite à quoi 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr dit : " Mon vœu est de détenir les 2 Villes Saintes [que sont La Mecque et Médine] et d'obtenir le Califat ! " Mus'ab dit ensuite : " Le mien est de posséder l'Irak et d'avoir pour épouses les deux perles du clan de Quraysh que sont Sukaynah la fille de Al Husayn et 'Âïshah la fille de Talhah ! " Puis 'Abd Ul Malik dit : " Mon vœu est de conquérir la terre entière et de succéder à Mu'âwiyah. " 'Urwah dit quant à lui : " Je ne me préoccupe guère de toutes ces choses que vous convoitez. Mon vœu est de pratiquer l'ascèse dans cette vie, d'obtenir le Paradis dans l'autre, et avoir l'honneur d'être l'un de ceux qui sera mentionné comme une autorité dans les transmissions de la science. " [2] "

 

A Médine, un puits porte son nom. Ce fut lui qui le creusa et Ibn Khallikân a dit qu'aucun autre puits de la ville fournit une meilleure eau que le sien. Et certes, il sera récompensé pour chaque gorgée d'eau bu grâce à ce puits. Et Al Hâfiz Abû Bakr Ibn Abî Shaybah rapporta dans son Musannaf de Hammâd le rapportant de Ibn Khâlid d'après 'Abd Ul Wâhid : " 'Urwah observait un jeûne continu, aussi bien en voyage qu'en dehors. "

 

 

Al Imâm Ibn Qutaybah rapporta également dans son Kitâb Ul Ma'ârif qu'un jour, alors que l'Imâm 'Urwah était en Syrie avec Al Walîd Ibn 'Abd Il Malik, il se blessa au pied au point d'être obligé de se le faire amputer. L'opération eut lieu dans la pièce où Al Walîd vivait. Durant l'opération, l'Imâm 'Urwah ne bougea pas d'un pouce et discutait même avec des gens, au point de ne même pas s'apercevoir qu'une partie de sa jambe venait d'être coupée. Il ne se rendit compte de cela qu'au moment où l'on cautérisa sa plaie avec du fer chaud et qu'une certaine odeur apparut.

 

 

Le Shaykh Abû Ibrâhîm At Tujîbî Al Qurtubî rapporta également à ce sujet :

 

 

" 'Urwah Ibn Az Zubayr souffrait tellement d'une plaie infectieuse à la jambe qu'il devint nécessaire de l'amputer à partir de l'endroit où la jambe était encore saine. Les médecins lui proposèrent de boire une substance qui le ferait dormir afin qu'il ne sente rien durant l'opération, mais il refusa et dit : " Non, faites ce que vous avez à faire. "

 

 

Ils l'amputèrent donc et cautérisèrent la jambe par le feu. Pendant le temps de l'opération, il ne bougea pas une seule fois ni ne gémit, ceci jusqu'au moment de la cautérisation, où, s'accrochant à l'un de ses fils préférés : Muhammad, il s'écria : " Arrêtez ! "

 

 

Lorsqu'il vit sa jambe dans les mains d'un des médecins, il s'exclama : " Allâh sait que je n'ai jamais marché pour commettre un péché avec cette jambe ! "

 

 

Puis il dit à son fils : " Mon fils, purifie-la, enveloppe-la dans un linceul et enterre-la au cimetière des musulmans. "

 

 

Puis il conclut en disant : " Si Tu m'as certes pris quelque chose, Tu m'as également laissé en vie. Si Tu m'as certes éprouvé, Tu m'as également épargné. Si Tu m'as certes enlevé quelque chose, Tu m'as cependant bien gratifié auparavant ! ". " [Kitâb Un Nasâ°ih].

 

 

Al Qâdî Ibn Khallikân rapporta que lors de la nuit même de ce jour éprouvant, il ne manqua aucune de ses prières surérogatoires qu'il avait l'habitude de faire. Certains rapportent aussi que son fils Muhammad mourut durant cette nuit mais Allâh est plus savant sur cela. Al Imâm 'Urwah Ibn Az Zubayr vécut 8 ans après cette amputation, puis Allâh (qu'Il soit exalté) le rappela à Lui. Ibn Khallikân dit ainsi :

 

 

 

" Il mourut en 93 de l'Hégire ou en 94 à Furâ, qui est un village qui lui appartenait, situé non loin de Médine. Furâ fut aussi le lieu où il fut enterré selon Ibn Sa'd. L'année 94 fut surnommée l'année des fuqahâ [car un grand nombre de juristes mourut cette année]. "


 

Ô Allâh ! Agrée l'Imâm 'Urwah ainsi que toute sa noble et pieuse famille, fait leur miséricorde, illumine leurs tombes, bénit leur descendance et permet-nous de suivre la voie tracée par le Messager d'Allâh (ﷺ) comme eux le firent, et accorde leur à tous les plus hauts degrés de Ton Paradis Éternel. Allâhumma Âmîn.

 

 

Notes :

 

 

[1] C'est-à-dire « la détentrice des deux ceintures ». En arabe, la ceinture portée par les femmes autour de la taille est appelée « nitâq ». Quand le Prophète (ﷺ) et son père Abû Bakr As Siddîq étaient fin prêts à partir pour Médine, Asmâ° emballa des provisions pour le voyage dans un sac en cuir mais il n'y avait pas de corde avec laquelle elle pouvait attacher l'ouverture du sac. C'est alors qu'elle déchira sa ceinture en deux et utilisa une partie pour attacher le sac de cuir. Le Prophète (ﷺ) l'a bénie et a dit que grâce à cet acte de bienveillance à leur égard, elle obtiendrait deux Paradis. C'est ainsi qu'il l'a promise en quelque sorte au Paradis.

 

 

[2] Chacun d'eux vit son vœu exaucé :

 

 

Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr fut calife pendant un temps, notamment des 2 Lieux Saints (Al Haramayn) et des grandes régions alentours (Yémen, Irak, Égypte), tenant ainsi tête aux Omeyyades. Il sera ensuite défait par les armées de 'Abd Ul Malik Ibn Marwân qui tentait alors de récupéré le contrôle total du Territoire Musulman, et décapité en 73 H.

 

 

Le noble Mus'ab Ibn Az Zubayr épousera bel et bien Sukaynah Bint Al Husayn et 'Âïshah Bint Talhah et gouvernera sur Koufa et les autres terres d'Irak durant un temps, figurant parmi les grands généraux de l'armée de son frère 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr. Il sera ensuite tué avec son fils Ibrâhîm par des soldats de 'Abd Ul Malik Ibn Marwân.

 

 

'Abd Ul Malik Ibn Marwân devint quant à lui le 5ème calife omeyyade, possédant un vaste territoire allant du Maghreb jusqu'à l'Inde.

 

 

Quant à l'Imâm 'Urwah Ibn Az Zubayr, cette biographie démontre clairement qu'il fut un grand imâm et un éminent Saint et que nous bénéficions encore de nos jours de son savoir à travers la transmission de nombreux ahâdîth et fatawâ°.