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Les différentes opinions des savants sunnites sur Ibn Taymiyyah (Ibn Âdam, As Safadî, Ibn Hajar...)

Jul 16, 2014

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Le Shaykh Ahmad Ibn Taymiyyah est un savant adulé par les wahhabites et est leur référence numéro un. C'est à partir du pire de ses avis que Mohammed Ibn 'Abd Il Wahhâb fonda sa théologie innovée. Ceci étant, au sein du monde scientifique sunnite, sa place est très loin d'être aussi prestigieuse que les wahhabites ne le laissent penser. Voici ce que le Mufî Muhammad Ibn Âdam Al Kawtharî Al Hanafî (qu'Allâh le bénisse) a dit lorsqu'on lui demanda comment les savants sunnites le considéraient  :

 

 

" Au nom d'Allâh, L'Inifniement Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux.

 

Avant de répondre à la question, il est impératif de comprendre que l'extrémisme et la démesure sont désapprouvés dans la législation islamique (ash sharî’ah). L'Islâm est une religion de modération et enseigne à ses adeptes à être modérés dans toutes les sphères et les dimensions de la vie. Être extrême d'une façon ou d'une autre nécessiterait d'aller à l'encontre des enseignements originaux d'Allâh (qu'Il soit exalté) et de Son Messager bien-aimé ().

 

 

Allâh (qu'Il soit exalté) dit :

 

 

" Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous […] " (2:143).

 

 

Le Messager d'Allâh () a dit dans un hadîth :

 

 

" Prenez garde contre l'extrémisme dans la religion, car ceux qui sont venus avant nous n'ont été détruits que par l'extrémisme. " [An Nasâ°î, Ahmad et d'autres].

 

 

Par conséquent, l'Islâm est la voie du juste milieu entre l'excès et le laxisme. C'est une voie qui se situe entre la dureté trouvée dans la sharî'ah de Mûsâ (que La Paix soit sur lui) quand celle-ci ordonne de se tuer soi-même comme une forme de repentir, de payer un quart de sa richesse et d'autres choses similaires, et le relâchement trouvé dans la sharî'ah de 'Îsâ (que La Paix soit sur lui) quant au caractère permis de l'alcool, le fait de ne pas considérer impurs les vêtements avec des impuretés et d'autres choses similaires.

 

 

C'est une voie qui se situe entre l'extrémisme et la nonchalance trouvés parmi les divers groupes déviants. Elle se situe entre la croyance de ceux qui ont complètement rejeté le destin (al qadariyyah) et celle de ceux qui ont considéré le destin comme étant le seul à avoir un contrôle sur les actions humaines (al jabariyyah). Cette voie se situe entre l'idéologie des khawârij (qui considéraient les pécheurs comme étant sortis de l'Islâm) et celle des murji'ah (qui croyaient que le fait de commettre des péchés n'avait absolument aucune conséquence), et entre la position des assimilationnistes (al mushabbihah) qui apparentaient les Attributs d'Allâh à ceux de Sa création, et celle de ceux qui ont complètement rejeté les Attributs d'Allâh, qu'Il soit exalté (al mu'tazilah).

 

 

C'est également une religion qui se trouve entre la loi et l'esprit, entre l'intellect et l'amour, et entre la théologie et la spiritualité. Elle rejette le concept des juifs selon lequel tout est basé sur l'intellect et le raisonnement et le concept des chrétiens selon lequel tout est basé sur l'amour et l'affection. Plutôt, l'Islâm enseigne à ses adeptes à combiner entre les chemins de la foi (al îmân) et du perfectionnement (al ihsân), et les chemins de la loi et de l'esprit. C'est la voie droite mentionnée dans la sourate d'ouverture du Coran que nous récitons quotidiennement dans nos prières : " Guide-nous sur la voie droite " (1:6) (Voir : Mulla Jiwun, Nur al-Anwar ala matn al-Manar, P: 5-6).

 

 

Ainsi, il est essentiel d'avoir une approche équilibrée dans tous les aspects de notre religion. Malheureusement, certaines personnes deviennent extrêmes d'une manière ou d'une autre. Certains prennent seulement en considération la signification extérieure de la Loi Sacrée du fait qu'ils rejettent les dimensions spirituelles et intérieures des règles islamiques, tandis que d'autres, au contraire, pensent que l'amour et l'esprit sont tout. Ces deux approches sont incorrectes comme expliqué plus tôt.

 

 

En ce qui concerne l'Imâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde), certains musulmans le considèrent comme étant la meilleure chose à s'être produite dans l'Histoire islamique. Il est considéré comme le Shaykh Al Islâm, donnant à ses opinions la priorité au-dessus des opinions de tous les autres Imâms Mujtahîd. Ils le considèrent comme étant immunisé de commettre toute faute ou erreur, par conséquent ses avis sont considérés comme la compréhension finale et absolue de l'Islâm. Au contraire, certains musulmans le considèrent être sévèrement déviant et complètement en dehors du sein des ahl us sunnah wa-l-jamâ'ah. Certains vont même jusqu'au point de le considérer comme étant sorti du sein de l'Islâm !

 

 

Une fois un frère m'a demandé ce que je pensais de l'Imâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) et j'ai répondu en disant que je reconnais [la valeur de] ses ouvrages et que j'ai du respect pour lui, bien que je sois en désaccord avec certaines de ses opinions. Alors il m'a demandé que ce que je pensais du Shaykh Ibn Al 'Arabî (qu'Allah lui fasse miséricorde) et j'ai répondu en disant qu'il était l'une des plus hautes autorités de l'Islam en termes de spiritualité et de perfectionnement (ihsân). Le frère a dit : " Comment est-il possible que vous respectiez ces deux personnalités. Soit vous aimez l'Imâm Ibn Taymiyyah et rejetez Shaykh Ibn Al 'Arabî, soit vous êtes d'accord avec les opinions de Shaykh Ibn Al 'Arabî et détestez l'Imâm Ibn Taymiyyah. " J'ai dit : " Je suis désolé de dire que j'aime et respecte ces deux personnalités, que cela vous plaise ou non. " […]

 

 

Le fait est qu'il existe certains musulmans faisant l'anathème (at takfîr) du Shaykh Ibn Al 'Arabî et qui considèrent l'Imâm Ibn Taymiyyah comme le plus grand savant de l'Histoire, tandis que d'autres considèrent l'Imâm Ibn Taymiyyah comme étant mécréant et Shaykh Ibn Al 'Arabî comme étant la plus haute autorité dans tous les aspects de l'Islâm. Ces deux approches sont déséquilibrées et incorrectes.

 

 

La position de la majorité des savants de cette Ummah, à la fois ceux du passé et du présent, au sujet de l'Imâm Ibn Taymiyyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) est qu'ils le respectent en tant que savant et reconnaissent ses œuvres, mais sont en désaccord avec certaines de ses opinions où il a choisi d'aller à l'encontre de la compréhension traditionnelle des savants des ahl us sunnah wa-l-jamâ'ah. Ce point de vue est soutenu par la plupart des savants contemporains, du sous-continent indien et du monde arabe et musulman.

 

 

Al Imâm Taqîy Ud Dîn Ibn Taymiyyah Al Harrânî était un célèbre savant hanbalite d'exégèse coranique, de hadîth et de jurisprudence. Il était doté d'un style d'écriture tranchant et d'une mémoire vive et était un auteur éloquent dont les ouvrages se comptent en grand nombre. Ses verdicts légaux (fatâwâ) sont imprimés dans beaucoup de volumes et ses travaux dans la réfutation des chiites et d'autres sujets sont sans pareil. Beaucoup de savants, tels que l'Imâm Adh Dhahabî et d'autres ont eu des paroles très élogieuses à son sujet.

 

 

En dépit de ceci, l'Imâm a commis des erreurs graves dans certaines questions concernant les principes de la croyance (al 'aqîdah) et la jurisprudence (al fiqh). Il a choisi certaines positions dans le domaine de la jurisprudence qui allaient à l'encontre la compréhension traditionnelle des savants des quatre écoles sunnites de jurisprudence. Il était principalement un adepte de l'école hanbalite, mais il a tenu certains avis qui allaient également à l'encontre de la position hanbalite traditionnelle, par conséquent les savants ne l'ont pas considéré comme étant l'autorité finale dans cette école.

 

 

De même, certaines de ses positions concernant les principes de la croyance, mentionnées dans ses ouvrages tels que Al 'Aqîdat Ul Wasîtiyyah, ont été la cause de beaucoup de controverses et il a été légitimement réfuté par des savants tels que l'Imâm As Subkî, Ibn Hajar Al Haytami et d'autres. Il a divergé avec les autres savants sur beaucoup de questions telles que le caractère permis de la demande par entremise (at tawassul), le fait de voyager spécifiquement pour visiter la tombe du Messager d'Allâh () et d'autres questions similaires. Sa position concernant les Attributs d'Allâh (qu'Il soit exalté) lui a causé le fait d'être emprisonné au Caire et à Damas, et les savants ont bien signalé son approche erronée.

 

 

Un des grands savants du hadîth et du dogme islamique du sous-continent indien, l’Imâm Anwâr Shâh Al Kashmîrî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a réfuté l'Imâm Ibn Taymiyyah dans plusieurs de ses ouvrages dont son Commentaire du Sahîh de l'Imâm Al Bukhârî, [intitulé] Fayd Ul Bârî. Dans un de ses ouvrages en urdu, il déclare :

 

 

" Ibn Taymiyyah et d'autres ont frisé l'anthropomorphisme, du fait qu'ils ont adopté le sens littéral de certains versets du Qur°ân. " (Malfuzat Muhaddith Kashmîrî (Urdu), p.242).

 

 

Il dit plus loin que l'Imâm Ibn Taymiyyah et (son élève) Ibn Al Qayyim ont parfois rejeté des ahâdîth authentiquement prouvés quand ils allaient à l'encontre de leurs positions. Il y a beaucoup d'exemples de ceci. L'Imâm Ibn Hajar Al 'Asqalânî a également condamné Ibn Taymiyyah pour avoir rejeté des ahâdîth authentiques (sahîh) quand ils allaient à l'encontre de sa position. Shaykh 'Abd Ul 'Azîz Ad Dahlawî (qu'Allah lui fasse miséricorde), après avoir étudié le Minhaj Us Sunnah d'Ibn Taymiyyah, a été immensément affligé par son amoindrissement des Ahl Ul Bayt (membres de la famille du Prophète) et des soufis.

 

 

L'Imâm Anwâr Shâh Al Kashmîrî a ensuite mentionné que son professeur Shaykh Mawlânâ Husayn Ahmad Al Madanî (qu'Allah lui fasse miséricorde) était très antipathique à l'encontre de l'Imâm Ibn Taymiyyah. Il détestait même que le titre de " Shaykh Al Islâm " soit employé à son sujet, par conséquent il a été contrarié quand Shaykh Muhammad Zakariyyâ Al Kandahlawî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a employé ce titre pour l'Imâm Ibn Taymiyyah dans un ses ouvrages. Il continua ensuite en disant que l'approche la plus équilibrée quant à l'Imâm Ibn Taymiyyah est l'approche de l'Imâm Adh Dhahabî, de l'Imâm Ibn Hajar Al 'Asqalânî et d'autres, à savoir que l'on peut tirer bénéfice de ses ouvrages importants et volumineux, mais que l'on doit être sur ses gardes concernant ses opinions isolées qui se comptent en grand nombre dans les domaines de la croyance, des fondements (al usûl) et des branches de la jurisprudence islamique (al furû'). Et c'est la position de nos savants (Deobandi). (Cf. Malfuzat Muhaddith Kashmiri, p. 413-414).

 

 

Et le Shaykh Taqî Al 'Uthmânî [qu'Allah lui fasse miséricorde] a également mentionné une position semblable vis-à-vis de l'Imâm Ibn Taymiyyah. Il affirma :

 

 

" En ce qui concerne les avis de l’érudit Ibn Hazm, l’érudit Ibn Taymiyyah et de l’érudit Ibn Al Qayyim , avec tout le respect dû à leur statut et leur rang élevé, ils ont choisi certaines positions qui vont à l'encontre des savants traditionnels de cette Ummah […] " [Fiqhi Maqâlât; 2/21].

  

 

Un des savants renommés dans le monde entier, Shaykh Abu-l-Hasan An Nadawî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a consacré un chapitre entier de son ouvrage à couvrir la vie et les accomplissements de l'Imâm Ibn Taymiyyah. L'ouvrage renommé du Shaykh respecté, intitulé en arabe Rijal Ul Fikr Wa-d-Da'wah, pose un regard sur les vies et les accomplissements de personnalités tels que 'Umar Ibn 'Abd Ul 'Azîz, Hasan Al Basrî, l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal, l'Imâm Abu-l-Hasan Al Ash'arî, l'Imâm Al Ghazâlî, Jalâl Ud Dîn Ar Rûmî et d'autres dont également l'Imâm Ibn Taymiyyah. Ceci nous ramène à l'aspect d'avoir une approche équilibrée ; ainsi Shaykh An Nadawî médite sur la vie et l'œuvre de grandes lumières dans le domaine de la spiritualité islamique (at tasawwuf) et a également de la place dans son ouvrage pour l'Imâm Ibn Taymiyyah.

 

 

La même attitude a été suivie par beaucoup de savants Arabes également. Le défunt savant renommé de jurisprudence hanafite et des principes de la jurisprudence islamique, l'Imâm Muhammad Abû Zahrâ° (qu'Allah lui fasse miséricorde) d'Egypte dit dans son Târîkh Ul Madhâhib Il Islâmiyyah :

 

 

" Le fondateur du mouvement wahhabite, Mohammed Ibn 'Abd Il Wahhâb, a étudié les ouvrages de l'Imam Ibn Taymiyyah en profondeur et est devenu plus extrême encore. Il a mis les opinions de Ibn Taymiyyah en pratique plutôt que de les garder en théorie. Ainsi, ils ( Mohammed Ibn 'Abd Il Wahhâb et ses disciples) ont détruit beaucoup de tombes de Compagnons et ont étendu la signification de l'innovation d'une manière dont on n'avait jamais entendu parler auparavant […] " [Târîkh Ul Madhâhib Il Islâmiyyah; p.199].

 

 

Après avoir dit ce qui précède, le même auteur (l'Imâm Abû Zahrâ°) a ensuite consacré un volume entier à mentionner la vie et les ouvrages de l'Imâm Ibn Taymiyyah. Il a compilé tout d'abord une série de quatre livres jetant la lumière sur la vie et l'œuvre des quatre Imâms mujtahîd (Abû Hanîfah, Ash Shâfi'î, Mâlik Ibn Anas et Ahmad), et ensuite, il a compilé une autre série de quatre livres couvrant les biographies d'autres Imâms, dont l'Imâm Ibn Taymiyyah (ainsi que Zayd Ibn ‘Alî, Ja’far As Sâdiq et Ibn Hazm).

 

 

Al Imâm Zâhid Al Kawtharî (qu'Allah lui fasse miséricorde) est renommé pour son hanafisme, son attachement au sunnisme et sa réfutation des wahhabites, pourtant un de ses élèves principaux Shaykh 'Abd Ul Fattâh Abû Ghuddah (qu'Allah lui fasse miséricorde) non seulement cite et rapporte de l'Imâm Ibn Taymiyyah dans plusieurs de ses ouvrages, mais a également édité et publié un de ses ouvrages intitulé Risâlat Ul Halâl Wa-l-Harâm (épître du licite et de illicite et quelques principes de transactions monétaires) et sur la couverture du livre (ainsi qu'à l'intérieur) où il a mentionné le nom d'Ibn Taymiyyah avec le titre : Shaykh Al Islâm. Beaucoup d'autres savants contemporains majeurs du Monde Arabe, de Damas et d'ailleurs, ont également adopté la même position.

 

 

Des savants tels que Shaykh Muhammad Sa'îd Ramadân Al Bûtî, Shaykh Wahbah Az Zuhaylî, Shaykh Mustafâ Al Bughah, Shaykh Mustafâ Al Khîn, Shaykh 'Abd Ul Latîf Al Farfûr et beaucoup d'autres citent souvent l'Imâm Ibn Taymiyyah dans leurs ouvrages respectifs, mais avec prudence et discernement, et ils avertissent les autres des opinions isolées et controversées de Ibn Taymiyyah.

 

 

Par conséquent, en conclusion, l'approche équilibrée concernant la personnalité de l'Imâm Ibn Taymiyyah est que nous reconnaissons ses services importants rendus à la religion, nous reconnaissons ses accomplissements et tirons bénéfice de ce qui dans ses ouvrages est conforme à la compréhension traditionnelle des ahl us sunnah wa-l-jamâ'ah et à l'Islâm sunnite, et nous rejetons ce qui n'est pas conforme à la majorité des savants de cette Ummah. Nous le respectons en tant que savant, et par conséquent nous évitons de le condamner totalement, mais nous ne le considérons pas comme étant une autorité dans les domaines de la foi, de la croyance et de la jurisprudence. Nous laissons ses opinions et avis controversés dans les principes de la foi à Allâh (qu'Il soit exalté) et nous nous concentrons sur ce dont nous avons besoin d'apprendre et de savoir. C'est l'approche juste et équilibrée suivie par la majorité des savants à propos des personnalités controversées.

 

 

Et Allâh sait mieux ce qu'il en est. " [Daruliftaa.com].

 

 

Et le Shaykh Salâh Ud Dîn As Safadî (qu'Allâh lui fasse miséricorde), qui fut l'un des élèves de Ibn Taymiyyah, a dit :

 

 

" Le Shaykh, l'Imâm et érudit Taqiy Ud Dîn Ahmad Ibn Taymiyyah (qu'Allâh lui fasse miséricorde) était grandement érudit mais il avait une intelligence défectueuse ce qui fut la cause de son péril et le fit tomber dans de gros travers. " [Sharhu Lâmiyyat Il 'Ajam Li-t-Tughrâ°î (2/436)].

 

 

Le Shaykh Abu-l-Abbâs Al Khafâjî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi dans son commentaire du Kitâb Ush Shifâ° :

 

 

" Il s'imaginait défendre le tawhîd avec toutes sortes de bêtises qu'il est inutile de mentionner, car elles ne proviennent pas de l'esprit d'une personne raisonnable et encore moins de quelqu'un d'éminent. Qu'Allâh lui pardonne. "

 

 

Et l'Imâm Muhammad Uz Zâhid Al Kawtharî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans son introduction du Tabyîn Kadhib Il Muftarî de Ibn 'Asâkir :

 

 

" Quasiment pas un seul hashwite (anthropomorphiste) n'aurait survécu si ce n'était le fait que la colonie de Harrân ait pris résidence dans le Shâm après le malheur de Baghdâd. Un homme (Ibn Taymiyyah) est apparu parmi eux qui avait une formation équilibrée dans son apprentissage, en plus de son intelligence, de sa mémoire, de son caractère, et de sa capacité d'attirer des shuyûkh érudits et dignes de confiance vers lui et à les amener à faire son éloge. Il était un orateur avec une langue fluide, tandis que pendant tout ce temps il mettait en pratique un plan visant à placer le madh-hab hashwite sous le camouflage du madh-hab des salaf afin qu'il remplace celui de ahl us sunnah. Il ne se rendait pas compte que le madh-hab des partisans de la sunnah - les ash'arites et les mâturîdites - avait atteint un fort niveau dans l'examen scientifique à travers la succession des siècles grâce à des personnalités prodigues de la théorie et de la jurisprudence de la religion, en comparaison desquels ce hashwite ne serait pas même compté comme faisant partie des moindres de leurs élèves, tandis que si quelqu'un tel que lui essayait de se heurter à eux, tout ce qu'il lui arriverait serait qu'il tomberait la tête la première, heurterait le sol et serait ruiné. Et comme il n'avait pas de shaykh pour le diriger dans les sciences théoriques, en conséquence, sa science ne se reposait pas sur quelque chose de fiable, et elle est devenue confuse et très contradictoire. Ses dons [intellectuels] se sont dispersés vers des tendances hérétiques problématiques. Cela a mené à ce qu'il a fait, puis ses tribulations ont disparu en raison de la réfutation des savants. "

 

 

Le Shaykh Nûh Keller Ash Shâfi'î (qu'Allâh le préserve) a dit également :

 

 

" Des écrits ont été signés par Abû Hayyân An Nahwî (m.745), Taqiy Ud Dîn As Subkî (m.756), Badr Ud Dîn Ibn Jama'ah (m.733), Al Âmir As Sananî, l'auteur de Subul Us Salâm (m.1182), Taqîy Ud Dîn Al Hisnî, l'auteur de Kifâyat Ul Akhyâr (m.829), et Ibn Hajar Al Haytamî (m.974) en réfutation de sa croyance, et elle est restée non acceptée par les musulmans pendant encore 400 ans jusqu'à l'apparition du mouvement wahhabite au 18ème siècle, lequel suivait Ibn Taymiyyah sur certains points de croyance et l'a déclaré son Shaykh de l'Islâm. Mais ce ne sera pas avant l'arrivée de l'imprimerie dans le monde Arabe que les livres d'Ibn Taymiyyah (et les dogmes de ce groupe) ont vraiment vu la lumière du jour, quand un riche marchand de Jaddah commissionna l'impression de son Minhaj Us Sunnah et d'autres de ses ouvrages sur la croyance, en Egypte à la fin du siècle dernier, ressuscité cette fois sous le nom de salafisme ou " retour à l'Islâm des débuts ". Ils ont de là été exportés aux quatre coins du monde islamique, propulsés par le financement généreux d'un ou deux pays musulmans modernes, dont les efforts ont rempli les mosquées de livres, de pamphlets, et de jeunes gens qui répandent ces idées et même les attribuent (grâce aux chaînes de transmissions douteuses d'Ibn Taymiyyah) aux Imâms des premiers temps de l'Islâm. " [Masud.co.uk].

 

 

Et le Shaykh 'Abd Ul Hakîm Mûrad (qu'Allâh le préserve) a dit :

 

 

" Dans tous les cas, bien que ces auteurs [Ibn Taymiyyah et Ibn Al Qayyim] furent récemment ressuscités et rendus proéminents, leur influence sur la tradition scientifique orthodoxe fut négligeable, comme le suggère le nombre réduit de manuscrits de leurs ouvrages préservés dans les grandes bibliothèques du monde islamique.Beaucoup des ouvrages d'Ibn Taymiyyah n'existe qu'en tant que manuscrits uniques ; et même les autres, lorsqu'on les compare aux ouvrages des grands savants tels que As Suyûtî et An Nawawî, ils semblent n'avoir été recopiés que très rarement. Voir la liste d'anciens manuscrits de ses ouvrages donnée par C. Brockelmann, Geschichte der Arabischen Litteratur (2nd. Ed. Leiden, 1943-9), II, 126-7, Supplément, II, 119-126. " [Masud.co.uk].

 

 

Nous conclurons par ces propos du Hâfiz Ahmad Ibn Hajar Al 'Asqalânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) qui a dit :

 

 

" Ce sur quoi il a vu juste, et qui constitue l’essentiel de son œuvre, est profitable à tous et doit nous conduire à lui demander la miséricorde de Dieu. Et ce sur quoi il s’est trompé ne doit pas être imité, mais on doit l’en excuser. " [Durâr Ul Kâminah].