Accueil > Notions de base pour l'étude de l'Islam > Article

La juste compréhension de la parole de l'Imâm Ash Shâfi'î : " Lorsque l'authenticité d'un hadîth est établie, alors c'est mon madh-hab " (An Nawawî)

Mar 21, 2014

amman-6-1024x685

Parmi les paroles les moins bien comprises de l'Imâm Ash Shâfi'î se trouve : " Lorsque l'authenticité d'un hadîth est établie, alors il s'agit de mon madh-hab. " Les savants de l'école [shâfi'ite] ont expliqué, contrairement à l'approche des wahhabites et des libres penseurs, que ce principe s'adresse aux juristes capables de distinguer les ahâdîth abrogeants et authentiques des ahâdîth abrogés et faibles, et capables également de dériver des règles juridiques en rassemblant les preuves issus des principes de la sharî'ah et conformes aux règles de la langue arabe.

 

 

Et l'éminente autorité shâfi'ite Al Imâm Muhyi-d-Dîn An Nawawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit à ce propos dans son ouvrage magistral intitulé Majmû' Ul Mudhahhab Fî Sharh Al Muhadhdhab (1/64) :

 

 

" Ce qu'a dit l'Imâm Ash Shâfi'î ne signifie pas que quiconque voit un hadith sahîh doit dire " c'est le madh-hab de Ash Shâfi'î ! " , en appliquant simplement le sens littéral ou la signification apparente de cette parole. Ce qu'il a dit s'applique très certainement uniquement aux personnes qui ont le rang de l'ijtihâd dans le madh-hab. Et ceci à condition que la personne soit fermement convaincue que l'Imâm Ash Shâfi'î n'avait pas connaissance soit de l'existence du hadîth, soit de son authenticité. Et cela n'est possible qu'après avoir recherché dans tous les livres de Ash Shâfi'î et d'autres ouvrages similaires de ses compagnons, ceux qui ont pris de lui leur science et les autres personnes semblables. C'est bien sûr une condition difficile à remplir. Peu sont les gens en qui nous retrouvons ces compétences à notre époque.

 

 

Ce que nous avons expliqué comportait des conditions car l'Imâm Ash Shâfi'î a cessé d'agir selon le sens apparent de nombreux ahâdîth, qu'il considérait [authentiques] et connaissait. Cependant, il a établi des règles pour critiquer les ahâdîth ou leur abrogation ou leur circonstance spécifique ou leur interprétation et ainsi de suite.

 

 

Et le Shaykh Abû 'Amr [Ibn As Salâh] a dit :

 

 

" Il n'est pas évident d'agir selon le sens apparent de la parole de Ash Shâfi'î . Car il n'est pas permis à tout juriste (faqih) – et encore moi à l'homme du commun ('âmmi) – d'agir indépendamment selon ce qu'il prend comme preuve provenant d'un hadîth… Ainsi, quiconque parmi les shâfi'ites trouve un hadîth qui contredit son école doit examiner s'il est absolument accompli [en terme de compétence] dans toutes les disciplines de l'ijtihâd, ou sur ce sujet en particulier, ou des questions spécifiques. [Si c'est le cas], alors il est en droit de l'appliquer de façon indépendante. Dans le cas contraire, s'il trouve qu'aller à l'encontre du hadîth lui pèse – après avoir recherché et n'avoir trouvé aucune justification pour le faire – alors il devrait l'appliquer si un autre Imâm indépendant (mujtahîd) que Ash Shâfi'î l'a appliqué. C'est une bonne raison pour lui de quitter l'avis (madh-hab) de son Imâm dans un tel cas. ". "

 

 

La parole de l'Imâm Ash Shâfi'î ne peut donc êre utilisée pour que le lambda s'émancipe des écoles juridiques comme certains le souhaiteraient.