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Les oppositions entre les premiers chrétiens, leur éloignement de la voie de Jésus et l'établissement d'un dogme officiel erroné

Déc 27, 2014

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Les apôtres de Jésus Christ sont au sein de l'Islâm, considérés comme des musulmans - c'est-à-dire d'authentiques adorateurs du Dieu Unique - ayant adhéré au Message du Prophète envoyé en leur temps. Ceci étant, très vite, ce message se verra altéré et donnera naissance au Christianisme, religion professant un dogme différent de celui de Jésus et de l'ensemble des Prophètes. De très nombreux groupes verront le jour, professant chacun une doctrine plus ou moins différente de l'autre, ceci jusqu'à ce qu'un dogme officiel soit établit par des conciles d'evêques soutenus et organisés par les pouvoirs politiques en place. L'Imâm Ismâ'îl Ibn Kathîr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) expliqua ce fait historique dans son ouvrage Al Bidâyah Wa An Nihâyah en disant :

 

" Après l'élévation de Jésus (que La Paix soit sur lui) au ciel, ses disciples se divisèrent en plusieurs tendances concernant son cas, comme le rapporta Ibn 'Abbâs et d'autres savants parmi les vertueux prédécesseurs. Ibn 'Abbâs a dit ainsi :

 

" Certains d'entre eux dirent : " Il était parmi nous le serviteur et le Messager d'Allâh, et il fut élevé au ciel ", d'autres prétendirent : " Il est Allâh ", tandis que d'autres affirmèrent : " Il est le fils d'Allâh ". Les partisans de la première opinion sont ceux qui sont dans la bonne voie, et les deux autres opinions constituent une mécréance manifeste, comme [Allâh] le dit (qu'Il soit exalté) : " Les factions divergèrent entre elles, malheur donc à ceux qui n'ont pas cru au rassemblement d'un jour terrifiant ! " (19: 37). "

 

Ils divergèrent également dans la transmission de l'Évangile (Al Injîl)en quatre versions, entre des ajouts et des diminutions, des changements et des altérations, puis, 300 ans après la mort du Messie (Al Masîh) eu lieu une immense calamité et une terrible épreuve. Les quatre cardinaux, les évêques, les prêtres, les abbés et les moines se divisèrent en plusieurs factions concernant la nature du Messie. Ils se réunirent donc et sollicitèrent l'arbitrage de l'Empereur Constantin, le fondateur de Constantinople. Ceci constitua le premier concile. L'Empereur Constantin approuva l'opinion de la tendance qui avait le plus de partisans, ces derniers s'appelaient les melkites. Il réprima alors les autres groupes qui étaient opposés et les persécuta.

 

'Abdu Llâh Ibn Arius, qui soutenait la nature humaine et la fonction prophétique de Jésus (que La Paix soit sur lui), fut persécuté et trouva refuge dans les montagnes et les déserts. Ses partisans bâtirent des monastères et des forteresses et y vécurent dans l'ascétisme, refusant de se mêler aux autres factions.bQuant au melkites, ils bâtirent de grandes églises et ramenèrent des matériaux avec lesquels étaient bâtis les temples grecs afin de les utiliser dans leurs constructions. L'Empereur Constantin fit également construire la ville de Bethléem, à l'endroit où naquit le Messie, tandis que sa mère, Hélène, fit construire le Saint Sépulcre sur l'emplacement de la tombe du crucifié, reconnaissant ainsi aux juifs qu'il s'agissait bien du Christ [qu'ils pensaient avoir crucifié et ainsi démontré qu'il n'était pas le Messie].

 

Mais tous sont dans la mécréance, car ils établirent des lois et des règles dont certaines sont contraires à la Torah. C'est ainsi qu'ils rendirent licites certaines choses pourtant mentionnées comme illicites dans la Torah, comme le fait de manger du porc. Aussi, ils priaient en direction de l'Est alors que le Messie n'avait prié qu'en direction du rocher du Temple de Jérusalem, comme le firent aussi les autres Prophètes après Moïse (que La Paix soit sur lui). Le dernier des Prophètes, Muhammad (ﷺ), avait également prié en direction de Jérusalem durant 16 ou 17 mois, après son émigration à Médine, avant de se diriger ensuite vers la Ka'bah qu'avait construite Abraham (que Le Paix soit sur lui). Ils mirent également des icônes dans les églises alors qu'il n'y en avait pas auparavant, et établirent un dogme qu'ils apprenaient aux enfants, à leurs femmes et aux hommes parmi eux, qu'ils nomment la catéchèse, mais en vérité, tout cela ne constitue que mécréance et infamie.

 

L'ensemble des partisans de la doctrine melkite et de la doctrine nestorienne, les auteurs du deuxième concile, ainsi que les partisans de la doctrine jacobite de Jacob El Brad'ï, qui sont les auteurs du troisième concile, adoptent cette profession de foi tout en divergeant dans leurs interprétations. Voici cette profession de foi, comme je vais la rapporter ici, avec ses aberrations et ses excès, tout en sachant que celui qui ne fait que rapporter ce qui relève de la mécréance ne peut être traité de mécréant pour cela. C'est ainsi qu'ils prétendent :

 

" Nous croyons en un Dieu unique qui dirige toute chose. Il est Le Créateur des cieux et de la terre, de tout ce qui se voit et de tout ce qui ne se voit pas. Nous croyons donc en un seul Dieu, Jésus, le Messie, le fils du Dieu unique, né du Père dans la pré-éternité. C'est une lumière issue d'une lumière, un Dieu vrai issu d'un Dieu vrai, à la fois né et non créé, il participe avec le Père dans son essence qui est à l'origine de toute chose. A cause de nous, les êtres humains, et pour notre salut, il est descendu du ciel et s'est incarné à partir de l'Esprit Saint et de la vierge Marie. Il fut crucifié à l'époque de Ponce Pilate, souffrit et fut enterré. Puis, il ressuscita trois jours plus tard, comme cela est mentionné dans les livres. Il monta ensuite au ciel et s'assit à la droite du Seigneur. Il viendra aussi avec son corps afin de juger les vivants et les morts. Son royaume n'a pas de fin. L'Esprit Saint, le seigneur vivant, émanant du Père et avec le Père, tandis que le fils, lui est prosterné. Et par la gloire qui s'exprime à travers les Prophètes, je reconnais une seule servitude pour le pardon des péchés. Et je crois également à la résurrection des morts et à la vie éternelle. Amen. ". "

 

Fin de citation.