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Explication du hadîth affirmant que l'Islâm est bâti sur cinq piliers (Ibn Hajar)

Jui 18, 2014

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Al Hâfiz Ahmad Ibn Hajar Al 'Asqalânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans son Fath Ul Barî Bi Sharh Sahîh Al Bukhârî :

 

 

" [Al Bukhârî a dit] Section sur le fait que votre invocation (ad du'â°) représente votre foi.

 

 

Nous rapportons de 'Abdu Llâh Ibn Mûsâ : Hanzalah Ibn Abî Sufyân nous rapporta : 'Ikrimah Ibn Khâlid nous rapporta : 'Abdu Llâh Ibn 'Umar nous rapporta : " Le Messager d'Allâh () a dit : " L'Islâm est bâti sur cinq choses : l'attestation qu'il n'y a pas d'autre divinité qui mérite d'être adorée si ce n'est Allâh et que Muhammad est le Messager d'Allâh, l'accomplissement de la prière, s'acquitter de la dîme (az zakâh), le pèlerinage (al hajj) et jeûner durant le ramadan. ". "

 

 

L'auteur (Al Bukhârî) intitula cette section " votre invocation est votre foi " en référence à la parole de Ibn 'Abbâs concernant à la Parole d'Allâh qui dit : " Dis : " Peu importe à mon Seigneur que vous ne L'imploriez pas ! " [...] " (25:77), sur laquelle Ibn 'Abbâs a dit : " " Que vous ne L'imploriez pas ! ", c'est-à-dire que vous n'ayez pas la foi. "

 

 

Allâh informe les incroyants qu'Il ne leur accordera aucune attention et que si ce n'était la foi dont sont dotés les croyants, Allâh ne leur prêterait aucune attention non plus. La corrélation ici est que l'invocation est une manière d'agir, et lorsqu'il (Al Bukhârî) dit : " votre invocation est votre foi ", nous pouvons en déduire que les actes proviennent de la foi, comme mentionné par Ibn 'Abbâs.

 

 

Certains ont dit que ce que l'on entend par invocation ici, c'est le Prophète () appelant les gens à la foi. Le sens serait ainsi : vous n'avez aucune excuse auprès d'Allâh après que le Prophète vous ait appelé à la foi, l'ayant considéré comme un menteur, le châtiment sur vous s'impose.

 

 

Il a également été dit que la signification d'invocation (ad du'â°) dans cette situation renvoie à l'obéissance [à Allâh]. Ce point de vue est soutenue par le hadîth rapporté par An Nu'mân Ibn Bashîr où il est dit : " L'invocation est une adoration ", tel que cela fut rapporté par les auteurs des Sunan (Abû Dâwud, At Tirmidhi, An Nasâ°î et Ibn Mâjah) via une chaîne authentique, ainsi que par Muslim.

 

 

Il est dit que les 4 piliers mentionnés après l'attestation de foi reposent sur cette attestation de foi, donc comment se peut-il que l'Islâm soit définit par 5 piliers distincts quand les quatre derniers proviennent de et dépendent complètement du premier pilier ? La réponse est que cela est comparable à une maison bâtie sur 5 piliers, un d'entre eux est la colonne centrale tandis que les 4 autres sont des piliers de soutien. La structure tiendra aussi longtemps que la colonne centrale se maintient, même si un ou plusieurs des piliers de soutien sont tombés, cependant si la colonne centrale se casse, la structure cessera alors d'exister.

 

 

Quelques remarques :

 

 

- La guerre [contre ceux qui la font contre les musulmans] n'est pas mentionnée car il s'agit d'une obligation communautaire (fard kifâyah) [et non incombant à chaque personne] et ne s'impose que dans certaines circonstances bien précises. Pour cette raison, lorsqu'on demanda à Ibn Umar : " N'attaquez-vous pas [l'ennemi] ? ", il répondit que l'Islâm n'était construit que sur cinq choses, et dans la version rapportée par 'Abd Ur Razzâq se trouve le rajout suivant : " tandis que le combat est une bonne chose " (ce qui démontre qu'étant donné le fait que le jihâd était déjà prescrit, Ibn 'Umar ne le considérait pas comme un pilier de l'Islâm). Bizarrement, Ibn Battâl prétendait que ce hadîth (disant que l'Islâm est bâti sur cinq piliers) fut dit avant que la guerre ne devienne une obligation [incombant à la Communauté], ceci est cependant une erreur car la guerre devint en fait une obligation avant la bataille de Badr, qui eut lieu au cours du ramadan de la deuxième année de l'Hégire, donc avant la prescription du jeûne, de la dîme et du pèlerinage.

 

 

- Si on demande pourquoi le Prophète () n'a-t-il pas mentionné la croyance aux Prophètes, aux Anges et aux autres piliers de la foi qui ont été mentionnés dans la réponse à la question de Jibrîl, la réponse est que la visée de l'attestation de de foi est la croyance en tout ce que le Messager () a apporté, ce qui inclut les articles de la foi. Et Al Isma'îlî [l'élève de l'Imâm Al Ash'arî] a dit : " Ceci est un exemple du fait de mentionner une partie d'un ensemble tout en visant en réalité un tout, comme lorsqu'on dit " Je récite Al Hamd ", signifiant par là l'ensemble de la Fâtihah. "

 

 

- Ce que l'on entend par la prière, c'est aussi bien être constant dans son accomplissement que l'établissement générale qui la caractérise [au sein de l'Islâm].

 

 

- Ce que l'on entend par la dîme (az zakâh), c'est de donner une partie de sa richesse d'une manière bien spécifique.

 

 

- Al Bâqillânî stipula que pour que l'Islâm de quelqu'un soit correct, la reconnaissance de l'Unicité [d'Allâh] (at tawhîd) devrait précéder la croyance au Message (révélé au Prophète Muhammad).

 

 

- Le hajj a été mentionné avant le jeûne dans ce hadîth et Al Bukhârî les a classifiés en fonction de cela. Cependant, l'Imâm Muslim rapporta le hadîth de Sa'd Ibn 'Ubaydah via Ibn 'Umar qui mentionnait le jeûne avant le hajj. Cela semble indiquer que la narration de Al Bukhârî a été rapportée selon le sens [et non à la lettre près], soit que le narrateur n'a pas entendu la correction de Ibn 'Umar quand il entendit quelqu'un dire " le hajj et le jeûne du ramadan " et qu'il le corrigea en disant : " Non, le jeûne, puis le pèlerinage. C'est cela que j'ai entendu du Messager d'Allâh ", ou bien il l'entendit mais oublia cela. Le fait qu'il y ait un certain nombre de récits avec le jeûne mentionné avant le hajj démontre que cette formulation a été rapportée selon son sens [plutôt qu'avec le libellé exact]. "

 

 

Fin de citation.