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Commentaire du hadîth : " La pauvreté avoisine la mécréance " (Al Jaylânî)

Jan 7, 2014

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Al Imâm As Sayyid 'Abd Ul Qâdir Ibn Mûsâ Al Jaylânî (que La Paix soit sur lui) a dit dans son ouvrage intitulé Futûh Ul Ghayb :

 

 

" Le serviteur véritable à foi en Allâh et Lui remet toutes ses affaires, il croit fermement que c'est par Lui qu'est facilitée l'obtention des biens (rizq), que ce qui l'atteint ne pouvait l'éviter, que ce qui ne l'atteint pas ne pouvait l'atteindre. Il croit à Sa Parole (qu'Il soit glorifié et exalté) : " Et quiconque craint Allâh, Allâh lui assurera une issue favorable et lui accordera des bienfaits d'une provenance inattendue. Car Allâh suffit à quiconque s'en remet à Lui. " (65:2-3) Le serviteur affirme tout cela et y croit fermement dans un état d'intégrité et d'extinction. Puis Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) l'éprouve dans les calamités et par la pauvreté. Il se met alors à implorer humblement ; mais Allâh ne lui épargne pas ces épreuves pour autant. Dans ces conditions, il cerne la réalité du hadîth : " La pauvreté avoisine la mécréance. " [1]

 

 

Celui pour lequel Allâh a été prévenant, Il lui retire cette difficulté écrasante et lui accorde l'intégrité et la richesse. [2] Il lui accorde également la grâce de Le remercier et de Le louer, lui faisant perdurer cet état jusqu'à la rencontre finale.

 

 

Quant à celui pour lequel Allâh veut faire durer l'épreuve, Il le maintient dans son malheur et sa pauvreté, le privant même de l'assistance de la foi. Le serviteur manifeste alors de la mécréance qui consiste à objecter, s'opposer et accuser Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté). Il se met à douter de Sa Promesse et finit par mourir en mécréant, reniant Ses Signes, irrité contre son Seigneur. C'est à lui que fait allusion le Messager d'Allâh () lorsqu'il dit : " Au jour de la résurrection, la personne qui connaître la plus grande souffrance sera celui pour laquelle Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) aura réservé la pauvreté en ce monde et le châtiment dans l'autre. " Nous nous réfugions auprès d'Allâh contre cette éventualité. Il s'agit de la pauvreté qui fait oublier [Allâh], celle contre laquelle le Prophète () a pris refuge en Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté).

 

 

L'autre cas concerne l'homme dont Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) a voulu l'élection. Il l'a attiré et placé parmi Ses Prophètes, Ses Alliés et Ses Proches, ou l'instaure comme héritier de Ses Prophètes et seigneur de Ses saints, parmi les plus grands de Ses serviteurs, ou encore le place au nombre des savants, des sages, des intercesseurs, des maîtres ou des disciples, des instructeurs et des guides vers leur [Divin] Maître, c'est-à-dire des guides dans la Véritable Voie, ceux qui éloignent des chemins illusoires. Il le munit alors de montagnes de patience et d'océans de satisfaction, ainsi que d'accord et de contentement à l'égard de Ses Décrets et Actes. Puis Il déverse ensuite abondamment un don spécifique, ce qui l'amène à invoquer Allâh (qu'Il soit glorifié et exalté) nuit et jour, dans la compagnie des hommes comme dans la solitude, ouvertement comme intérieurement. Il reçoit alors les diverses variétés de la Subtile Bienveillance et la gamme des Attractions [Divines], tout ceci perdurant jusqu'au jour de la Rencontre Finale. "

 

 

Notes :

 

 

[1] La chaîne de transmission de ce hadîth est considérée faible (da'îf) par les spécialistes du hadîth comme Al 'Irâqî, Adh Dhahabî et As Sakhâwî. Ceci étant, d'éminents soufis se permettent de s'appuyer dessus afin d'enseigner des réalités spirituelles telles qu'énumérées ici par l'Imâm Al Jaylânî, car il est rapporté par An Nasâ°î, via Sayyidunâ Abû Bakrah, que le Messager d'Allâh () avait coutume de demander à son Seigneur : " Ô Allah ! Je te demande la protection contre la mécréance, contre la pauvreté et contre le châtiment de la tombe. "

 

 

[2] Qu'il s'agisse de richesse spirituelle ou matérielle, suite à un contentement de l'âme et de connaissances spirituelles, ou à une profusion de bien.