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La Transcendance de Dieu (Ibn Juzayy)

Mar 14, 2014

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L'Imâm Abû 'Abdi Llâh Ibn Juzayy Al Ghararanâtî Al Ash'arî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans son livre Nûr Ul Mubîn Fî Qawâ'di 'Aqâ°id Id Dîn :

 

 

" Sache qu'Allâh (qu'Il soit glorifié) détient la Majestuosité, la Splendeur et la Perfection absolue, et qu'Il est exempt de tout défaut et de toute imperfection. Tel est d'ailleurs le sens de la parole " Gloire à Dieu - Subhâna Llâh ".

 

 

Il n'est pas sujet à l'incapacité, ni à l'insuffisance. Allâh (qu'Il soit exalté) dit ainsi : " Il n'y a rien, ni dans les cieux ni sur la terre, qui puisse affaiblir la Puissance de Dieu ", (35:44), " Nous avons créé les cieux, la Terre et ce qui se trouve entre les deux en six jours, sans que la fatigue ne Nous atteigne " (50:38).

 

 

Et Il n'est pas sujet à l'insouciance et Il ne dort pas. Il dit (qu'Il soit exalté) : " Ni l'assoupissement, ni le sommeil n'ont de prise sur Lui. " (2:255).

 

 

L'erreur et l'oubli ne Le concernent pas. Il dit (qu'Il soit exalté) : " [Moïse dit] " […] Mon Seigneur n'erre pas, et Il n'oublie pas. ". " (20:52).

 

 

Il est Juste dans l'ensemble de Ses Jugements et Actes et n'est absolument pas tyrannique, ni injuste. Tout bienfait émane de Sa Grâce et tout châtiment découle de Sa Justice. Il en est ainsi car Il est Le Possesseur de toute chose et qu'un détenteur peut faire ce qu'il veut avec ce qui est en sa possession et traiter ses servants comme il l'entend. Il dit ainsi (qu'Il soit exalté) : " Lui n'a pas être questionné sur ce qu'Il fait, mais ce sont eux sont questionnés " (21:23).

 

 

Et Il (qu'Il soit exalté) n'est semblable à aucune chose. Il dit (qu'Il soit exalté) : " Rien n'est semblable à Lui " (42:11), " Celui qui crée est-il semblable à celui qui ne crée rien ? Ne réfléchissez-vous pas ? " (16:17).

 

 

Nota bene :

 

 

Sache que dans le Coran et le hâdîth se trouvent des mots dont le sens apparent paraîtrait tendre vers l'assimilation [des attributs des créatures à ceux du Créateur], comme lors de Sa Parole (qu'Il soit exalté) :" Sur le Trône Il s'établit " (20:5), le hadîth de la descente (an nuzûl) [1] et autres [Textes] de ce genre. Il est impératif que le serviteur y prête foi sans verser dans l'assimilationnisme (tashbîh), la dénégation (ta'tîl) ou l'interprétation (ta°wîl) [2], qu'il en laisse la connaissance à Allâh (qu'Il soit exalté) et affirme : je crois en ce qu'Allâh (qu'Il soit exalté) dit et en ce que Son Messager () nous a enseigné, selon le sens voulu par Allâh et Son Messager (), et Allâh et Son Messager savent mieux ce qu'il en est.

 

 

Telle est la voie de la soumission menant à la quiétude et celle dont Allâh a loué ceux qui l'adoptent lorsqu'Il (qu'Il soit exalté) dit : " Ceux qui sont enracinés dans la science disent : " Nous avons foi en Lui, tout vient de notre Seigneur ! " " (3:7). Telle était ce que suivaient les Compagnons, les Epigones et les Imâms des musulmans, dont Ash Shâfi'î, Ahmad Ibn Hanbal, Sufyân [Ath Thawrî], Ibn Al Mubârak et d'autres encore qu'il est bien de suivre et dont la voie est à adopter. "

 

 

Fin de citation.

 

 

Notes :

 

 

[1] Il s'agit du hadîth rapporté par Al Bukhârî et Muslim où le Messager d'Allâh () a dit : " A partir du dernier tiers de la nuit, notre Seigneur descend au ciel le plus proche de la Terre et dit : " J’exauce les invocations de celui qui M’invoque, Je donne à celui qui Me demande et pardonne à celui qui Me demande le pardon. ". "

 

 

[2] C'est-à-dire une interprétation catégorique qui se voudrait certaine de déceler le sens voulu par Allâh au détriment d'autres possibilités, car Ibn Juzayy fit quelques interprétations de versets ambivalents dans son exégèse coranique At Tas-hîl Li 'Ulûm It Tanzîl, ce qui démontre qu'il n'impose pas l'abandon de l'interprétation de manière absolue.

 

 

Il a dit par exemple au verset 88 de la sourate 28 : " Toute chose est périssable sauf Sa face (illâ wajhihi)" : " C'est-à-dire sauf Sa Personne, et al wajh est une allusion qui renvoie à L'Essence [Divine]. " ;ou encore au verset 14 de la sourate 54 où Allâh dit : " Évoluant sous Nos yeux ('uyûnan) " : " C'est est une allusion qui renvoie à La Protection de Dieu et le Soutien qui lui est accordé (à Noé). "

 

 

Ceci étant, concernant l'istiwâ, Ibn Juzayy, comme beaucoup, préfère éviter toute interprétation étant donnée la profondeur de cette expression, notamment selon le contexte où elle est utilisée. Ibn Juzayy a dit ainsi au verset 29 de la sourate 2 : " Puis Il S'est orienté vers le ciel (thumma stawâ ila-s-samâ°) dont Il a formé sept cieux: " " Thumma stawâ: c'est-à-dire qu'Il S'est orienté vers, et le ciel est ici un nom générique (qui résume tout un genre contenant de multiples détails), c'est pourquoi Il le fait ensuite renvoyer à un pluriel [en parlant des sept cieux]. "

 

 

Et il a dit concernant le verset 54 de la sourate 7 : " Certes, Votre Seigneur est Allâh, qui a créé les cieux et la terre en six jours puis S'est istawa sur le Trône (istawâ 'ala-l-'arsh)… " : " " Istawâ 'ala-l-'arsh : " À chaque fois qu'il est abordé, il est alors pris dans son sens apparent, parmi eux il y a Ibn Abî Zayd et d'autres. Un autre groupe l'a interprété dans le sens de " se diriger vers ", comme lorsqu'Il (Allâh) dit : " Puis Il S'est orienté vers le ciel (thumma stawâ ila-s-samâ°) ", mais si tel était le cas, Il aurait plutôt dit " thumma stawâ ila-l-'arsh" [et non 'alâ]. Quant aux ash'arites [modernes], ils interprétèrent le sens de l'istiwâ° par une domination de royauté et de toute-puissance, mais en vrai il faut y prêter foi sans chercher à décrire quoi que se soit, car c'est en cela que réside la sécurité en matière de soumission [aux Textes]. Et combien Allâh a honoré Mâlik Ibn Anas avec sa réponse lorsqu'on l'interrogea sur ce sujet [en disant] : l'istiwâ° est connue, son comment est inconcevable, et questionner à ce sujet est une innovation. Des propos semblables à la parole de Mâlik furent rapportés de la part de Abû Hanîfah, Ja'far As Sâdiq et Al Hasan Al Basrî. Ni les Compagnons, ni les Epigones ne parlèrent sur la signification de l'istiwâ°, ils se sont plutôt tus à ce sujet, et Mâlik a bien dit que s'interroger sur cela était une innovation blâmable. "