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Le statut de la personne qui commet un péché majeur selon la foi sunnite (Al Lâmishî)

Déc 15, 2014

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L'éminent théologien maturidite Abu-th-Thanâ° Mahmûd Ibn Zayd Al Lâmishî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

 

" Les sunnites ont dit concernant celui parmi les croyants qui commet un péché majeur :

 

 

Cela sera considéré comme de la mécréance (kufr) dans les circonstances suivantes :

 

 

- s'il le juge comme autorisé [alors qu'il est unanimement connu que cela est interdit, comme le fait d'assassiner ou boire de l'alcool],

 

- s'il l'a fait en méprisant Celui qui l'a interdit (Allâh),

 

- s'il l'a fait dans le but de se rebeller contre Allâh.

 

 

Dans ces cas là, il a commis de la mécréance. [1]

 

 

Cependant, s'il a commis un péché majeur par appât du gain, paresse, colère, orgueil, mépris [et autres défauts du même genre], tout en craignant qu'Allâh le punisse pour ce péché et tout en espérant la miséricorde et le pardon d'Allâh, alors il est considéré comme un croyant dépravé (mu°mîn fâsiq).

 

 

Le jugement concernant cette personne est que si elle se repent [sincèrement en observant toutes les conditions requises pour la repentance], alors elle sera pardonnée. Cependant, si elle venait à mourir avant de se repentir, alors tout dépendra de ce qu'Allâh a voulu pour elle. Allâh peut lui pardonner par Sa grâce et Sa miséricorde, accepter l'intercession d'un Prophète ou d'un Saint parmi Ses pieux adorateurs [en sa faveur], ou bien la châtier pour son crime avant de la faire entrer au Paradis. " [2]

 

 

Fin de citation.

 

 

Source : At Tamhîd Li Qawâ'id At Tawhîd (p.121, ed. gharb al islâmî) du Shaykh Abu-th-Thanâ° Mahmûd Ibn Zayd Al Lâmishî (qu'Allâh lui fasse miséricorde).

 

 

Notes :

 

 

[1] C'est-à-dire qu'il est sorti de l'Islâm et doit se convertir à nouveau à l'Islâm pour etre musulman. Et ceci est tout autant valable pour un péché mineur commit dans les mêmes circonstances.

 

 

[2] Cet avis est en opposition avec celui des mu'tazilites et de la plupart des khawârij et des chiites. Ces derniers ont prétendu que celui qui commet un péché majeur, comme l'adultère par exemple, ira en Enfer pour l'éternité s'il ne se repent pas. Bon nombre de khawârij et de chiites ont prétendu ceci parce qu'ils pensent que tous les péchés, majeurs comme mineurs, sont de la mécréance. Les mu'tazilites, suivis en cela par la large majorité des chiites zaydites, prétendaient que commettre un péché majeur place celui qui le commet dans un état situé entre la foi et la mécréance, et que quiconque meurt dans cet état est condamné à séjourner éternellement en Enfer.