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Zufar Ibn Al Hudhayl - زفر بن الهذيل (d.158)

Nov 17, 2014

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Al Hâfiz Adh Dhahabî a dit dans son Siyar A'lâm In Nubalâ° :

 

 

" Zufar Ibn Al Hudhayl Al 'Anbarî, le juriste mujtahid seigneurial, l'érudit Abu-l-Hudhayl Ibn Al Hudhayl Ibn Qays Ibn Muslim.

 

 

Abû Nu'aym Al Hâfiz a dit : " Son père résidait à Isfahan sous le règne de Yazîd Ibn Al Walîd et eut trois enfants : Zufar, Harthamah et Kawthar. "

 

 

Je dis : il naquit en 110 et rapporta le hadîth d'après Al A'mash, Ismâ'îl Ibn Abî Khâlid, Abû Hanîfah, Muhammad Ibn Ishâq, Hajjâj Ibn Artâh et d'autres de leur génération.

 

 

Rapportèrent [le hadîth] de lui Hassân Ibn Ibrâhîm Al Karmânî, Aktham Ibn Muhammad le père de Yahyâ Ibn Aktham, 'Abd Ul Wâhid Ibn Ziyâd, Abû Nu'aym Al Mulâ°î, An Nu'mân Ibn 'Abd Is Salâm At Taymî, Al Hakam Ibn Ayyûb, Mâlik Ibn Fadîk, ils sont tous du même âge et ses compagnons de route, car il est mort avant le moment de transmettre.

 

 

Abû Nu'aym Al Mulâ°î a dit : " Il était fiable et digne de confiance (thiqah ma°mûn). Il est arrivé à Bassora et s’installa dans un héritage provenant de sa sœur, et les habitants de Bassora se sont attachés à lui et ne le laissèrent pas partir de chez eux." Yahyâ Ibn Ma'în le mentionna et dit : " Il est fiable et digne de confiance (thiqah ma°mûn). "

 

 

Je dis : il fait partie des océans de la jurisprudence et des grands érudits de l’époque. Il a étudié la jurisprudence auprès de Abû Hanîfah et il est son plus grand élève. Il figurait parmi ceux qui combinaient à la fois la connaissance et l’effort [dans l'adoration]. Il connaissait le domaine du hadîth et en avait une bonne maîtrise.

 

 

'Alî Ibn Mudrik rapporta que Al Hasan Ibn Ziyâd Al Faqîh a dit : " Zufar et Dâwud At Tâ°î avaient un pacte de fraternité. Dâwud en vint finalement a délaisser la jurisprudence et se consacra l’adoration, quant à Zufar, il a réuni les deux. "

 

 

Al Hasan Ibn Ziyâd Al Lu°lu°î a dit : " Je n’ai vu aucun jurisconsulte entamer un débat avec Zufar sans que je finisse par avoir pitié de lui. "

 

 

Abû Nu’aym a dit : " Je passais devant Zufar et il disait : " Approche, je vais faire le tri pour toi concernant ce que tu as appris. ". "

 

 

Abû ‘Âsim An Nabîa dit : Zufar a dit : " Celui qui s’asseoit [dans une assemblée afin d’enseigner] avant que son heure soit arrivée, s’avilit. "

 

 

Abû Nu’aym a dit : " Je soumettaits les ahâdîth à Zufar, et il disait ceci est abrogeant, ceci est abrogé, ceci on peut le prendre, ceci on le refuse. "

 

 

Je dis : cet Imâm était juste et objectif (munsif) dans la recherche, il faisait preuve de rigueur.

 

 

[...] Ibn Sa’d a dit : " Zufar est décédé en 158 H., et il n’était rien dans le domaine du hadîth. " Je dis : l’Imâm de cette discipline [du jugement et de la critique des narrateursqu’est Yahyâ Ibn Ma’în] a cependant clairement jugé en sa faveur en disant qu’il était fiable et digne de confiance (thiqah ma°mûn). "

 

 

Et le Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° a dit de lui dans son ouvrage sur l’Imâm Abû Hanîfah :

 

 

" Il fut le disciple de Abû Hanîfah avant même Abû Yûsuf et Muhammad. Il mourut en 158, à l’âge de 48 ans. Son père était arabe et sa mère était perse, il était ainsi influencé par les deux cultures. Son argumentation était puissante. Il avait étudié la jurisprudence auprès de Abû Hanîfah et il était celui qu’il préférait [parmi ses élèves]. Il était également le disciple de Abû Hanîfah le plus précis en matière d’analogie (qiyâs).

 

 

On peut voir ainsi dans Târîkh Baghdâd à propos des mérites spécifiques aux quatre [piliers du fiqh hanafî] : " Al Muzanî rapporta qu’un homme vint l’interroger à propos des savants de l’Irak et lui demanda : " Que penses-tu de Abû Hanîfah ? ". Il répondit : " C’est leur maître. ". Puis il demanda : " Et de Abû Yûsuf ? ". Il répondit : " C’est le plus fidèle aux ahâdîth. ". Puis il demanda : " Et de Muhammad Ibn Al Hasan ? ". Il répondit : " C’est le plus compétent en ce qui concerne les cas subsidiaires (tafrî’). ". Puis il demanda : " Et de Zufar ? ". Il répondit : " C’est le plus précis en matière d’analogie. ". "

 

 

Zufar n’a pas légué de livres et on a pas entendu qu’il aurait laissé un ouvrage quelconque concernant la méthodologie de son maître. La raison à cela est sans doute qu’il vécut peu de temps après lui (seulement 8 ans), tandis que les deux autres [que sont Abû Yûsuf et Muhammad Ibn Al Hasan] vécurent plus de 30 ans après Abû Hanîfah, ce qui leur laissa le temps d’écrire, de consigner, de revoir et d’enseigner. Cependant, il diffusa les avis de son shaykh oralement, à défaut de les consigner, et il semble qu’il occupa le poste de juge (qâdî) à Bassora du vivant même de Abû Hanîfah.

 

 

Il est ainsi notifié dans Al Intiqâ’ de Ibn ‘Abd Il Barr : " Il fut nommé au poste de juge de Bassora, suite à quoi Abû Hanîfah lui dit : " Tu connais l’inimitié, la jalousie et la rivalité qui existent entre nous et les habitants de Bassora, je ne pense pas que tu en sortiras indemne. " Lorsqu’il prit place à Bassora en tant que juge, les savants de la ville l’entourèrent et commencèrent à débattre avec lui sur le sujet de la jurisprudence, et dès qu’il les vit réceptifs et favorables à ses avis, il leur dit : " Tels sont les propos de Abû Hanîfah. " Ils dirent : " Abû Hanîfah fait-il vraiment cela aussi bien ? " Il répondit : " Oui, et pas seulement cela ! " Et à chaque fois qu’il les voyait contents des opinions qu’il argumentait, il ne cessait de répéter : " Tels sont les propos de Abû Hanîfah. " Ils étaient très étonnés et du coup, la haine que beaucoup éprouvaient à son encontre se transforma en sympathie et en paroles bienveillantes. "

 

 

Zufar succèda à Abû Hanîfah dans les assemblées qu’il dirigeait, avant de céder la place à Abû Yûsuf. "

 

 

Il fut ainsi l’un des plus célèbres disciples de l’Imâm Abû Hanîfah et un des piliers de son école juridique. Et le Qâdî Ibn Khallikân rapporta à ce titre que le Shaykh Hammâd, le fils de l’Imâm Abû Hanîfah, a dit :

 

 

" Après Abû Yûsuf, il n’y avait pas parmi les disciples de Abû Hanîfah quelqu’un de semblable à Zufar. "

 

 

Qu’Allâh l’agrée et lui accorde les plus hauts degrés du Paradis pour demeure éternelle. Allâhumma âmîn.