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Sa'îd Ibn Al Musayyib - سعید بن المسیب (d.94)

Aou 8, 2014

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Il s’agit d’un des 7 jurisconsultes de Médine de son époque et d’un des plus éminents épigones.

 

 

Le Hâfiz Adh Dhahabî a dit de lui dans son Siyar A’lâm In Nubalâ° :

 

 

" Sa’îd Ibn Al Musayyib Ibn Hazn Ibn Abî Wahb Ibn ‘Amr Ibn ‘°idh Ibn ‘Imrân Ibn Makhzûm Ibn Yuqizah, le savantissime Imâm, Abû Muhammad Al Qurashî Al Makhzûmî, l’érudit des gens de Médine, le seigneur des épigones de son temps. Il naquit lors de la seconde année du règne de ‘Umar (qu’Allâh l’agrée). On a dit : lors de sa quatrième année, à Médine.

 

 

Il a vu ‘Umar, et apprit de ‘Uthmân, ‘Alî, Zayd Ibn Thâbit, Abû Mûsâ, Sa’d, ‘Âïshah, Abû Hurayrah, Ibn ‘Abbâs, Muhammad Ibn Maslamah, Ummu Salamah et beaucoup d’autres parmi [les compagnons]. On a dit qu’il apprit aussi de ‘Umar.

 

 

Il rapporta [des ahâdîth de manière détachée (mursal)] d’après Ubayy Ibn Ka’b, Bilâl, Sa’d Ibn ‘Ubâdah, Abû Dharr et Abu-d-Dardâ°. Et il rapporta [des ahâdîth] d’après ‘Alî, Sa’d, ‘Uthmân, Abû Mûsâ, ‘Âïshah, Ummu Shurayk, Ibn ‘Umar, Abû Hurayrah, Ibn ‘Abbâs, Hakîm Ibn Hizâm, ‘Abdu Llâh Ibn ‘Amr, son père Al Musayyib et Abû Sa’îd qui se trouvent dans les deux recueils authentiques [de Al Bukhârî et Muslim], ainsi que d’après Hisân Ibn Thâbit, Safwân Ibn Umayyah, Ma’mar Ibn ‘Abdi Llâh, Mu’âwiyah, Ummu Salamah qui se trouvent seulement dans le Sahîh Muslim. Et il rapporta [des ahâdîth] d’après Jubayr Ibn Mu’tim, Jâbir et d’autres qui se trouvent seulement dans le Sahîh Al Bukhârî. Il rapporta [des ahâdîth] aussi de ‘Umar qui se trouvent dans les quatre Sunan [de Abû Dâwud, At Tirmidhî, An Nasâ°î et Ibn Mâjah]. Il rapporta également d’après Zayd Ibn Thâbit, Surâqah Ibn Mâlik, Suhayb, Ad Dahhâk Ibn Sufyân, ‘Abd Ur Rahmân Ibn ‘Uthmân At Taymî, et ce qu’il rapporte de ‘Attâb Ibn Usayd se trouve dans les quatre Sunan de manière détachée (mursal). Il narra aussi [des propos] du Prophète et de Abû Bakr As Siddîq de manière détachée.

 

 

Il était le mari de la fille de Abû Hurayrah, et le plus savants des hommes en matière de hadîth.

 

 

Beaucoup rapportèrent de lui, parmi eux : Idrîs Ibn Subayh, Usâmah Ibn Zayd Al Laythî, Ismâ’îl Ibn Umayyah, Bashî et ‘Abd Ur Rahmân les fils de Harmalah, ‘Abd Ur Rahmân Ibn Humayd Ibn ‘Abd Ir Rahmân, ‘Abd Ul Karîm Al Jazrî, ‘Abd Ul Majîd Ibn Suhayl, ‘Ubaydu Llâh Ibn Sulaymân Al ‘Abdî, ‘Uthmân Ibn Hakîm, ‘Atâ° Al Khurâsânî, ‘Uqbah Ibn Harîth, ‘Alî Ibn Jud’ân, ‘Alî Ibn Nufayl Al Harrânî, ‘Umârah Ibn ‘Abdi Llâh Ibn Tu’mah, ‘Amr Ibn Shu’ayb, ‘Amr Ibn Dînâr, ‘Amr Ibn Murrah, ‘Amr Ibn Muslim Al Laythî, Ghaylân Ibn Jarîr, Al Qâsim Ibn ‘Âsim, son fils Muhammad Ibn Sa’îd, Qatâdah, Muhammad Ibn Safwân, Muhammad Ibn ‘Adb Ir Rahmân Ibn Abî Labîbah, Abû Ja’far Muhammad Ibn ‘Alî [Al Baqîr], Muhammad Ibn ‘Amr Ibn ‘Atâ°, Az Zuhrî, Ibn Al Munkadir, Ma’bad Ibn Hurmuz, Ma’mar Ibn Abî Habîbah, Mûsâ Ibn Wirdân, Maysarah Al Ashja’î, Maymûn Ibn Mihrân, Abû Suhayl Nâfi’ Ibn Mâlik, Abû Ma’shar Najîh As Sindî de Tirmidh, Hâshim Ibn Hâshim Al Waqqâsî, Yahyâ Ibn Sa’îd Al Ansârî, Yazîd Ibn Qusayt, Yazîd Ibn Nu’aym Ibn Huzâl, Ya’qûb Ibn ‘Abdi Llâh Ibn Al Ashaj, Yûnus Ibn Sayf, Abû Ja’far Al Khatmî, Abû Qurrah Al Asadî, tel que référencé dans At Tahdhîb. "

 

 

L’Imâm Al Bukhârî rapporta dans son Adab Ul Mufrad que le Shaykh ‘Abd Ul Hamîd Ibn Jubayr Ibn Shaybah a dit :

 

 

" J’étais assis aux côtés de Sa’îd Ibn Al Musayyib et il me rapporta que son grand-père Hazn alla voir le Prophète et que ce dernier lui demanda tout d’abord comment il s’appellait. Il répondit : " Mon nom est Hazn. " Le Prophète lui dit alors : " Tu es plutôt Sahl. " Mais le grand-père de Sa’îd rétorqua : " Je ne vais pas changer le nom qui me fut donné par mon père. " Ibn Al Musayyib dit alors : " Depuis lors, l’austérité n’a cessé d’accompagner notre famille ! ". "

 

 

Sa’îd Ibn Al Musayyib a dit ceci car Hazn signifie l’âpreté, l’affliction, tandis que Sahl signifie ce qui facile et aisé. Le Prophète () voulut apporter de la bénédiction dans la vie de Hazn et ôter le mauvais présage que représentait son prénom, mais ce dernier refusa et il s’avéra que la rudesse de la vie et de tempérament ne cessa d’éprouver sa famille. Et en parlant de changement de nom, le Qâdî Ibn Khallikân a dit dans son Wafayât Ul A’yân :

 

 

" Le prénom de son père se prononce normalement Musayyab (le délaissé), mais il est rapporté que Sa’îd lui-même le prononçait plutôt Musayyib (celui qui délaisse). Et il a dit : " Qu’Allâh récompense celui qui prononce le nom de mon père : Musayyib !". "

 

 

Le Shaykh Muhammad Abû Zahrâ° a dit dans l’ouvrage qu’il consacra à l’Imâm Mâlik :

 

 

" Sa'îd se voua entièrement au droit et au hadîth. Il se souciait de connaître les jugements du Prophète () tout comme ceux des Califes [bien-guidés] en matière de récits traditionnels (al âthâr). Il ne pouvait donc que manifester dans ses récits la science du juriste des Compagnons que fut ‘Umar Ibn Al Khattâb, ayant vécu aux premiers temps du droit et de l’émission de fatwâ, à une période où les frontières de l'Islâm s'étendaient et nécessitaient jurisprudence et interprétation juridique. Dans de telles conditions, l'interprétation personnelle (ar râ°î) ne pouvait qu'avoir une importance considérable chez Ibn Al Musayyib, comme cela avait été le cas pour ‘Umar concernant les questions non prévues par le Coran et la sunnah. Il était d'ailleurs connu pour son sérieux dans ce domaine, et c'est pourquoi on rapporte de lui que ses avis juridiques inspiraient aux autres la crainte et le respect […] C'est ainsi que cet Imâm des juristes de Médine à l'époque des épigones ne s'abstenait jamais d'émettre une fatwâ° si le besoin s'en faisait sentir, en l'appuyant sur une jurisprudence solidement fondée sur le Coran et la sunnah, ainsi que les jugements du Prophète () et des Califes bien-guidés. "

 

 

Et l’Imâm Ibn Al Jawzî rapporta quelques récits à son sujet dans son Sifat Us Safwah :

 

 

" ‘Abd Ur Rahmân Ibn Harmalah a dit : " Personne n’osait poser de question à Sa’îd Ibn Al Musayyib sans lui en demander la permission comme on le fait pour un gouverneur. "

 

 

Mâlik rapporta qu’un homme était venu visiter voir Sa’îd Ibn Al Musayyib tandis qu’il était alité, et l’inerrogea à propos d’un hadîth. Sa’îd se mit alors en position en assise avant de lui répondre. L’homme lui dit : " Je ne voulais pas te déranger. " Il lui répondit : " Je trouve indécent de te parler d’une parole du Messager d’Allâh () tout en étant allongé. "

 

 

Mâlik a dit aussi : " ‘Umar Ibn ‘Abd Il ‘Azîz disait : Chaque savant de Médine m’apportait ses connaissances, mais chacun d’entre eux devait son savoir à Sa’îd Ibn Al Musayyib. "

 

 

Abû ‘Îsâ Al Khurâsânî rapporta que Sa’îd Ibn Al Musayyib a dit : " Ne fréquentez pas ceux qui assistent les tyrans afin de ne pas voir disparaître vos bonnes œuvres. "

 

 

Burd, l’esclave affranchi par Sa’îd Ibn Al Musayyib, a dit : " Depuis quarante ans que nous faison la prière à la mosquée, jamais nous n’avons vu Sa’îd manquer une seule prière. ". "

 

 

En fidèle suiveur de la sunnah, il n’hésita pas à tenir tête aux tyrans omeyyades, et ceci à plusieurs reprises. Al Ya’qûbî rapporta notamment qu’il déclara le califat de Yazîd Ibn Mu’âwiyah comme étant illégitime et qu’il traita ‘Abd Ul Malik Ibn Marwân de pharaon. Il refusa également de lui marier sa fille, préférant ainsi la marier à un étudiant aux ressources limités plutôt que de la voir fréquenter le palais royal et vivre dans le faste et la corruption. Ibn Sa’d mentionna que Sa’îd Ibn Al Musayyib cherchait à se tenir éloigné le plus possible du pouvoir politique en place. Ibn Khallikân rapporta aussi qu’il fit le pélerinage 40 fois. Telle était l’intégrité et la piété de ce vertueux Imâm.

 

 

Et Adh Dhahabî a dit dans As Siyar :

 

 

" Nous rapportons de Muhammad Ibn ‘Umar que ‘Abd Ul Hakîm Ibn 'Abdi Llâh Ibn Abî Farwah a dit : " Sa’îd Ibn Al Musayyib fit son testament le jour de sa mort en l’an 94 H. J’ai pu voir sa tombe aspergée d’eau. On a appelé cette année" l'année des juristes ", car un grand nombre d’entre eux mourut au cours de celle-ci. " […] Abû Nu’aym et ‘Alî Ibn Al Madînî dirent quant à eux : " Il mourut en l’an 93 H. " Et Ahmad Ibn Hanbal a dit : " Hammâd Ibn Khâlid Al Khayyât nous rapporta que Sa’îd décéda en l’an 95 H. " Ceci étant, la première [date] est la plus juste. "

 

 

Qu’Allâh lui fasse miséricorde, l’agrée dans Son vaste Paradis et nous permette de suivre ses pas bénis. Allâhumma âmîn.