Accueil > Biographies de grandes figures de l'Islam > Article

Mûsâ Ibn Ja'far Al Kâzim - موسى بن جعفر الكاظم (d.183)

Sep 15, 2014

imam-musa-al-kazim-at-tawhid

Il s’agit de l’éminent savant, de l’ascète et grand saint de son époque, Al Imâm Mûsâ Al Kâzim, le fils du célèbre Imâm de Médine Ja’far Ibn Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib et de la Shaykhah Hamîdah Al Barbariyyah, une esclave berbère affranchie.

 

 

Al Hâfiz Adh Dhahabî a dit à son sujet dans son Siyar A’lâm In Nubalâ° :

 

 

" Mûsâ Al Kâzim, l’Imâm, le modèle, As Sayyid Abu-l-Hasan Al ‘Alawî, le père de l’Imâm ‘Alî Ibn Mûsâ Ar Ridâ, ayant habité Médine puis Baghdâd.

 

 

Il rapporta des ahâdîth de son père [Ja’far As Sâdiq Ibn Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib]. On a dit qu’il rapporta également d’après ‘Abdu Llâh Ibn Dînâr et ‘Abd Ul Malik Ibn Qudâmah. Rapportèrent de lui ses fils ‘Alî, Ibrâhîm, Ismâ’îl et Husayn, ses deux frères ‘Alî Ibn Ja’far et Muhammad Ibn Ja’far, ainsi que Muhammad Ibn Sadaqah Al ‘Anbarî et Sâlih Ibn Yazîd. Sa transmission est peu abondante, car il décéda avant l’époque de la transmission. Qu’Allâh lui fasse miséricorde.

 

 

Abû Hâtim l’a mentionné et a dit à son sujet : " Digne de confiance (thiqah), véridique (sadûq). Imâm parmi les Imâms des musulmans. "

 

 

Je dis : il y a deux hadîth rapportés de lui, par At Tirmidhî et Ibn Mâjah.

 

 

Il fut dit : " Il est assurément né l’an 128 H. à Médine. "

 

 

Al Khatîb a dit : " [Le troisième calife abbasside] Al Mahdî [le fit arrêter à Médine et] le fit comparaître à Baghdâd, puis le relâcha. Par la suite, il le fitrevenir à nouveau. Du temps de Ar Rashîd, il fut contraint de séjourner à Baghdâd. Ar Rashîd le fit comparaître en 179 H. et l’y emprisonna jusqu’à ce qu’il décède après avoir été empoisonné dans sa cellule.

 

 

Al Khatîb a dit ensuite : " Al Hasan Ibn Abî Bakr nous raconta d’après Al Hasan Ibn Muhammad Ibn Yahyâ Al ‘Alawî que son grand-père Yahyâ Ibn Al Hasan Ibn ‘Ubaydi Llâh Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Al Husayn [Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib] a dit : " On donnait le surnom d’adorateur vertueux (‘abd assâlih) à Mûsâ Ibn Ja’far en raison de son adoration et ses efforts en matière de dévotion. Nos compagnons rapportèrent qu’une fois, il entra dans la Mosquée du Messager d’Allâh (), effectua une prosternation au début de la nuit, puis qu’on l’entendit dire : " Combien le péché est immense en moi, puisse le pardon venant de Toi être excellent ! Ô Celui qui est digne de vénération, ô Celui qui est digne de pardonner ! (‘azuma-dh-dhanbu ‘indî fa-l-yahsuni-l-’afwu min ‘indik, yâ ahl at taqwâ wa yâ ahl al maghfirah) !" Il répéta cela jusqu’à l’arrivée de l’aube. Il était méticuleux et prolifique dans sa générosité. Il lui arrivait d’apprendre qu’une personne disait du mal de lui, alors il lui envoyait une bourse de 1000 dinars. Il préparait aussi des bourses de 300, 400 et 200 dinars, puis les distribuait à Médine. Quiconque percevait une de ces bourses devenait riche par la suite. "

 

 

[…] Ce même Yahyâ a dit également : " Nous rapportons de Ismâ’îl Ibn Ya’qûb qui rapporta que Muhammad Ibn ‘Abdi Llâh Al Bakrî a dit : " Je suis allé à Médine dans le but d’obtenir un prêt [d’argent] et je me suis dis : " Et si j’allais chez Mûsâ Ibn Ja’far afin de lui exposer ma situation ? " Alors je suis allé chez lui avec mes problèmes. Il m’accueilla, je mangeai avec lui et lui ai raconté mon histoire, et il me donna 300 dinars. ". " Puis Yahyâ a dit : " Et plus d’un m’a rapporté qu’un homme de la famille de ‘Umar habitant Médine disait du mal de lui (Mûsâ Al Kâzim) et insultait ‘Alî. Certains parmi ses proches lui demandèrent : " Laisse-nous le tuer ! ", mais il leur interdit. On lui dit alors que ce descendant de ‘Umar cultivait une terre et il alla donc à sa rencontre dans son champ. Il le trouva et entra avec son âne, le descendant de ‘Umar s’écria : " Ne mets pas les pieds sur nos cultures ! ", mais il continua à aller vers lui avec son âne jusqu’à être juste devant lui, puis il descendit et c’est alors [que le coeur du descendant de ‘Umar changea et] qu’ils rièrent ensemble. [L’Imâm Mûsâ] lui demanda : " De quelle somme as-tu dû t’endetter pour ces champs ? " Il répondit 100 dinars. Il lui demanda alors : " Combien espères-tu gagner ? ". Il répondit : " Je ne connais pas l’invisible mais j’espère que 200 dinars me parviendront. " [L’Imâm Mûsâ] lui fit alors don de 300 dinars et dit : " Maintenant voici tes cultures à leur état originel ! " (les cultures endommagées par l’âne étaient devenues comme neuves). Le descendant de ‘Umar se leva, embrassa sa tête et dit : " Allâh sait mieux [que nul autre] à qui confier Ses Messages ! ", et désormais il priait tout le temps en sa faveur. Par la suite, Abu-l-Hasan [Mûsâ Al Kâzim] dit à ses proches qui voulaient tuer le descendant de ‘Umar : " Laquelle des deux choses est la meilleure ? Celle que vous vouliez ou celle que je voulais : à savoir rendre son état meilleur par le biais de cette somme ? ". "

 

 

Je dis : si c’est authentique, ceci est vraiment le summum de la vertue et de la tolérance.

 

 

Abû ‘Abdi Llâh Al Mahâmilî a dit : " ‘Abdu Llâh Ibn Abî Sa’d nous rapporta que Muhammad Ibn Al Husayn Al Kinânî Al Laythî rapporta que ‘Îsâ Ibn Muhammad Ibn Mughîth Al Qurashî – qui avait atteint 90 ans – a dit : " J’ai cultivé des pastèques, des concombres et de la courge à Juwâniyyah, et alors que le bienfait (la récolte) approchait, des sauterelles décimèrent toute la culture en une seule nuit, et je m’étais endetté de 2 chameaux et 120 dinars [pour celle-ci]. Tandis que j’étais assis, Mûsâ Ibn Ja’far vint à passer par là et me salua. Il me dit : " Comment vas-tu ? " Je répondis : " Je suis devenue à l’image d’une terre brûlée. " Il demanda : " Et de combien t’es-tu endetté pour cette culture ? " Je répondis : " 120 dinars en plus du prix de 2 chameaux. " Puis je lui dis : " Ô homme béni, entre dedans et prie pour moi une fois à l’intérieur ! " Il entra, pria et me rapporta : " Le Messager d’Allâh () a dit : " Accrochez-vous à ce qui fut épargné par les épreuves. ". " Je lui confia alors les deux chameaux et lui donna à boire. Allâh y plaça ensuite Sa bénédiction, elle se renouvella (litt : fortifia) et je pus en vendre pour 1000 dinars ! ". "

 

 

As Sûlî a dit : "Awn Ibn Muhammad nous rapporta : " J’ai entendu plus d’une fois Ishâq Al Mawsilî dire : " Al Fadl Ibn Ar Rabî me rapporta que son père a dit : " Lorsque [le calife abbasside] Al Mahdî emprisonna Mûsâ Ibn Ja’far, il vit ‘Alî en rêve qui lui a dit : " Ô Muhammad ! " Si vous vous détournez, ne risquez-vous pas de semer la corruption sur Terre et de rompre vos liens de parenté ? " (47:22). " Puis Ar Rabî’ dit : " Il me fit chercher pendant la nuit et cela m’effraya . Je vins voir alors qu’il était en train de réciter ce verset avec la plus belle voix du monde. Il me dit : " Il me faut Mûsâ Ibn Ja’far ! " Je revins alors avec lui. [Al Mahdî] lui fit une accolade, le fit asseoir à ses côtés et lui dit : " Ô Aba-l-Hasan ! J’ai vu très distinctement le Commandeur des croyants qui me récitait ceci. M’assures-tu de ne pas te rebeller contre moi ou quelqu’un de ma descendance ? " Il répondit : " Oui. Je jure par Allâh que je n’ai jamais fait cela et ne suis pas comme ça ; " Il dit : " Je te crois. Ô Rabî’ ! Donne-lui 3000 dinars et renvoie-le auprès des siens à Médine. " Son affaire fut réglée dans la nuit et à l’aube il était déjà sur un chameau, par crainte d’éventuelles complications. ". "

 

 

Al Khatîb a dit : " Abu-l-’Alâ° Al Wâsitî nous raconta, d'après Umar Ibn Hâshîn qui rapporta que Al Husayn Ibn Al Qâsim a dit : " Ahmad Ibn Wahb me rapporta que Abd Ur Rahmân Ibn As Sâlih Al Azdî a dit : " Ar Rashîd fit le Pèlerinage et arriva auprès de la tombe du Prophète (). Mûsâ Ibn Ja’far était près de lui. [Hârûn Ar Rashîd] s’exclama : " Que le salut soit sur toi ô Messager d’Allâh, ô fils de mon oncle [Al ‘Abbâs Ibn ‘Abd Il Muttalib] ! ", ceci dans le but de se vanter auprès de ceux qui étaient présents autour de lui. Mûsâ s’approcha et dit alors : " Que le salut soit sur toi ô mon père ! ". Le visage de Hârûn changea, puis il dit : " Cela est la véritable gloire ô Abu-l-Hasan ! ". ". "

 

 

Yahyâ Ibn Al Hasan Al ‘Alawî a dit : "Ammâr Ibn Abân nous rapporta : " Mûsâ Ibn Ja’far a été emprisonné auprès [du préfet de police de Baghdâd] As Sindî Ibn Shâhak. J’ai demandé à sa sœur de s’occuper de sa cellule moyennant salaire, ce qu’elle fit.Et elle était à son service et on nous rapporta qu’elle a dit : " Après la prière du soir, il se mettait à louer Allâh, à Le glorifier et à Le supplier. Il faisait cela jusqu’au milieu de la nuit, puis à partir de ce moment-là, il se levait pour prier jusqu’à la prière de l’aube. Après cela, il récitait des litanies (dhikr) jusqu’au lever du soleil. Puis il s’asseyait [quelques minutes] jusqu’au moment du dûhâ, s’apprêtait, se nettoyait les dents avec un siwâk et mangeait. Ensuite, il se couchait jusqu’un peu avant le zénith, puis après s’ablutionnait [pour prier la prière du zuhr] et ensuite priait la prière de l’après-midi. Il faisait ensuite du dhikr en direction de la qiblah jusqu’à prier le maghrib. Après il priait entre le maghrib et le [moment de la prière du] soir. Elle disait ainsi : " Sont vraiment de grands perdants ceux qui ont fait du tort à cet homme ! Et il était un serviteur vertueux. ". "

 

 

Et on a dit que Mûsâ Al Kâzim envoya de prison une lettre à Ar Rashîd où il lui dit : " Il ne s’écoule pas un seul jour d’épreuve pour moi sans qu’il ne s’écoule un jour de prospérité pour toi en conséquence, et ceci jusqu’à ce que nous nous retrouvions tous lors d’un jour qui sera sans fin et où ceux qui sont dans le faux seront perdus. "

 

 

Et ‘Abd Us Salâm Ibn As Sindî a dit : " Mûsâ était emprisonné auprès de nous et lorsqu’il décéda, nous avons prévenu un certain nombre parmi les gens fiables de la ville de Karkh et nous les avons fait venir auprès de lui afin qu’ils témoignent de son décès. Il fut enterré au cimetière ash shûnîziyyah. "

 

 

Je dis : c’est un immense tombeau très fréquenté et très célèbre à Baghdâd, et on a enterré à ses côtés son petit-fils [Muhammad] Al Jawwâd. Quant à son fils ‘Alî Ibn Mûsâ [Ar Ridâ°], il a un tombeau très visité et immense à Tûs. Le décès de Mûsâ Al Kâzim survint au mois de rajab de l’an 183 H. Il vécut 55 ans et laissa derrière lui plusieurs enfants. Ce sont ‘Alî, Al ‘Abbâs, Ismâ’îl, Ja’far, Hârûn, Hasan, Ahmad, Muhammad, ‘Ubaydu Llâh, Hamzah, Zayd, Ishâq, ‘Abdu Llâh, Al Husayn, Fadl et Sulaymân. Tous sont issus d’esclaves, sauf les filles, que Az Zubayr [Ibn Bakkâr] a nommé dans [son livre] An Nasab. "

 

 

Et nous pouvons notamment mentionner parmi elles la noble et sainte Fâtimah Bint Mûsâ Al Ma’sûmah, dont le mausolée situé à Qûmm est également immense et très fréquenté. Malheureusement, ce lieu est désormais accaparé par les chiites imamites (ar rawâfid), auteurs de nombreux excès. Quant à son fils Ismâ'îl Ibn Mûsâ, il fut célèbre pour avoir fommenté une révolte contre le pouvoir abbasside, qui sera défaite. Son autre fils Zayd Ibn Mûsâ vit quant à lui son propre fils Muhammad mourir en martyr lors de la révolte conduite par Ibrâhîm Ibn 'Abdi Llâh Ibn Al Hasan, et il est aussi le grand-père du célèbre Muhammad Ar Ridâ° Ibn Muhammad Ibn Zayd, qui conduisit également une révolte contre les Abbassides, qui échouera.

 

 

Et c’est à partir de l’époque de l’Imâm Al Kâzim que se créa la secte des ismaéliens, qui lui préférèrent son frère aîné Ismâ’îl Ibn Ja’far en tant qu’Imâm des musulmans. Ismâ’îl Ibn Ja’far étant mort avant son père Ja’far As Sâdiq, son imamat fut déclaré impossible par les partisans des autres fils de l’Imâm Ja’far, ce qui amena les ismaéliens a fonder une théologie mystique et occultiste pour légitimer leurs affirmations. De nos jours, les imamites duodécimains (ar rawâfid) sont ceux qui prétendent avoir soutenu et suivi l’Imâm Al Kâzim après le décès de l’Imâm As Sâdiq, et en firent leur septième Imâm parmi les douze. Ces derniers lui attribuent tout un tas de propos dont l’authenticité demeure invérifiable. Deux ouvrages prétendent relater ses avis propos, à savoir le Musnad Ul Imâm Mûsâ Alzim composé par le Shaykh Mûsâ Ibn Ibrâhîm Al Marwazî, et le Kitâb Ul Masâ°il composé par l’Imâm ‘Alî Al ‘Uraydî Ibn Ja’far Ibn Muhammad Ibn ‘Ali Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib. Tout n’est surement pas faux dans ces livres et leurs deux auteurs sont jugés acceptables (maqbûl) par Al Hâfiz Ibn Hajar Al ‘Asqalânî, mais les chaînes de transmissions par lesquelles leurs livres nous sont parvenus contiennent aussi bien des inconnus que des gens très critiquables.

 

 

Les savants de la spiritualité sunnite, les soufis, se réclament eux aussi des enseignements de l’Imâm Mûsâ Al Kâzim et voient en lui un modèle de vertu et de piété. Plusieurs voies spirituelles (turûq), comme la Qâdiriyyah ou la Naqshibandiyyah, passent par lui, et il eut plusieurs disciples figurant parmi les grandes noms du tasawwuf, comme Bishr Ibn Hârith Al Hâfî, Ma’rûf Ibn Fayrûz Al Karkhî, ou encore Shaqîq Ibn Ibrâhîm Al Balkhî. D’ailleurs, ce dernier décrivit sa rencontre avec l’Imâm Al Kâzim en disant, tel que rapporté par Ibn Al Jawzî dans son Sifat Us Safwah :

 

 

" Je suis parti au Pèlerinage durant l’année 249 H. et je me suis arrêté à Al Qâdisiyyah. Alors que je regardais la foule de gens aller et venir, vêtus de leurs beaux habits, je vis un homme au beau visage, au teint très foncé, vêtu d’une cape de laine par dessus ses vêtements et d’une paire de sandales. Il était assis à l’écart des gens. Je me suis dis en le voyant ainsi : " Ce jeune homme doit faire partie de ces soufis qui cherchent à vivre au crochet des gens. Je jure par Allâh, je vais lui faire des reproches ! " Je me suis approché de lui et, en me voyant, il me dit : " Ô Shaqîq, " évitez de trop conjecturez sur les autres, car une partie des conjectures est péché " (49:12). " Puis il me laissa et partit. Je me suis alors dit en moi-même :" C’est un miracle ! Ce jeune homme a lu dans mes pensées et prononcé mon nom sans me connaître ! Il ne peut être qu’un saint, je vais le rejoindre et lui demander de me pardonner ", mais j’ai couru après lui sans parvenir à le trouver. Il avait complètement disparu de ma vue. Plus tard, en arrivant à Wâqisah, je l’ai aperçu en train de prier, les membres de son corps tremblaient et des larmes coulaient de ses yeux. Je me dis : " Voici mon compagnon ! Je vais aller vers lui et lui demander de me pardonner. " J’ai attendu jusqu’à ce qu’il termine sa prière puis me suis approché de lui. En me voyant me diriger vers lui, il me dit : " Ô Shaqîq, récite : " En vérité, Je pardonne généreusement à celui qui se repent, qui croit, qui fait œuvre pie et qui, ensuite, est bien guidé. " (20:82). ", puis il me laisse et partit. Je me dis alors : " Ce jeune homme a lu deux fois dans mes pensées ! " Lorsque je suis ensuite arrivé près d’un puits, j’y ai trouvé le jeune homme, un petit récipient à la main, en train de puiser de l’eau. Tout à coup, le petit récipient lui glissa des mains et tomba dans le puits. Il leva alors les yeux au ciel et dit : " Tu es mon Seigneur lorsque je souffre de la soif et ma nourriture lorsque je désire me nourrir. Mon Dieu et mon Maître, je ne possède que cela ! Ne me l’enlève pas ! ". Je jure par Allâh que j’ai alors vu l’eau du puits monter jusqu’à ce qu’il puisse récupérer son petit récipient. Il le fit remplir, y but, puis fit ses ablutions et accomplit quatre rak’ât. Ensuite, il alla vers un monticule de sable, en mit dans son récipient, le mélangea avec de l’eau et en but. Je me suis ensuite approché de lui et lui dit : " Partage avec moi ce bienfait dont Allâh t’a gratifié ! " Il me répondit : " Ô Shaqîq ! Les bienfaits ne cessent d’être déversés sur nous, aussi bien de manière manifeste que cachée, aie-donc une bonne opinion de ton Seigneur ! " Puis il me donna le récipient dans lequel il avait bu, mais il contenait de la pâte d’orge séchée et du sucre ! Je jure par Allâh que je n’ai jamais bu un breuvage aussi délicieux que lui, ni aussi suculent ! Je me suis rassasié et abreuvé au point de passer plusieurs jours sans avoir besoin de nourriture ou de boisson. Je ne l’ai plus revu jusqu’à notre retour à La Mecque. Je l’ai revu ensuite, une nuit, près d’un dôme recouvrant une source [au sein de la Mosquée Sacrée]. Il priait avec dévotion, en gémissant et pleurant. Il fit cela jusqu’au lever du jour. Voyant l’aube apparaître, il s’asseya dans l’oratoire et glorifia Allâh. Après quoi il accomplissait les prières de la journée, resta sept jours pour accomplir les circumambulations [autour de la Ka’bah], puis partit. Je le suivis et je vis toute une foule qui l’attentdait, ainsi que des esclaves, ils l’entouraient et se mirent à le salur. Je croyais avoir affaire à un autre homme car il n’était alors plus la même personne [esseulée et triste] que j’avais vu. J’ai alors demandé à un de ceux qui étaient avec lui : " Qui donc est ce jeune homme ? " Il me répondit : " C’est Mûsâ Ibn Ja’far Ibn Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib, que La Paix soit sur eux. " Je lui ai alors dit : " Cela m’aurait bien étonné que tous ces prodiges soient l’oeuvre d’un autre homme que ce seigneur (sayyid) ! ". "

 

 

Tel était l’Imâm Mûsâ Ibn Ja’far Al Kâzim.

 

 

Qu’Allâh agrée son martyr, lui fasse miséricorde et illumine sa tombe. Qu’Allâh le réssuscite aux côtés de son noble aïeul Sayyidunâ Muhammad (), augmente Sa bénédiction sur lui et lui accorde les plus hauts degrés du Paradis. Allâhumma âmîn.