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Muhammad Ibn Ahmad Al Faqîh Al Yûnînî - محمد بن احمد الفقيه اليونيني (d.658)

Mar 19, 2014

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(Mosquée de Baalbek)

 

 

Il s'agit de l'Imâm As Sayyid Abû ‘Abdi Llâh Muhammad Ibn Ahmad Ibn ‘Abdi Llâh Ibn ‘Îsâ Ibn Ahmad Ibn ‘Alî Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Al Husayn Ibn Ishâq Ibn Ja’far Ibn Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Al Husayn Ibn ‘Alî Ibn Abî Tâlib, surnommé Taqîy Ud Dîn et communément appelé Al Faqîh Al Yûnînî (le juriste de Younine). Il fut l’un des éminents juristes hanbalites de l’Histoire de cette école de jurisprudence.

 

 

Al Hâfiz Ibn Kathir le mentionna dans Al Bidâyah Wa-n-Nihâyah en disant :

 

 

" Shaykh Muhammad Al Faqih Al Yûnînî Al Hanbalî Al Ba'labakî Al Hâfiz. Il est Muhammad Ibn Ahmad Ibn ‘Abdi Llâh Ibn ‘Îsâ Ibn Abi-r-Rijal Ahmad Ibn ‘Alî Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Muhammad Ibn Al Husayn Ibn Ishâq Ibn Ja’far As Sâdiq.

 

 

Shaykh Qutb Ud Dîn Al Yûnînî mentionna sa généalogie telle quelle à partir de ce qu’écrivit son grand-frère Abu-l-Husayn ‘Alî qui l’informa que son père [Muhammad Al Faqih Al Yûnînî] lui dit : " Nous sommes de la progéniture de Ja’far As Sâdiq. " Il a dit aussi : " Il lui raconta cela seulement à l’approche de la mort,et il s’abstenait ainsi de percevoir l’aumône(sadaqah). "

 

 

Abû ‘Abdu Llâh Ibn Abi-l-Husayn Al Yûnînî Al Hanbalî Taqîy Ud Dîn, le jurisconsulte hanbalite, le mémorisateur de hadîth, celui qui est tellement profitable aux autres, l’érudit, l’adorateur dévoué, l’ascète. Il naquit au cours de l’année 572 H. Il apprit le hadîth auprès de Al Khushû’î, Hanbal, Al Kindî et le Hâfiz ‘Abd Ul Ghanî Al Maqdisî qui fit d’ailleurs son éloge. Il apprit le droit auprès du Shaykh Al Muwaffaq et fut dans le compagnonnage du Shaykh ‘Abdu Llâh A Yûnînî dont il bénéficia grandement. Le Shaykh ‘Abdu Llâh l’appréciait grandement, l’honorait et même le suivait dans les avis juridiques.

 

 

Il s’affilia à la voie spirituelle (litt : revêtit le manteau) du Shaykh ‘Abdu Llâh Al Batâ°ihî et excella dans la science du hadîth. Il mémorisa Al Jam‘ Bayn As Sahîhayn dans sa totalitéet une bonne partie du Musnad de l’Imâm Ahmad. Il maîtrisait l’arabe en l’ayant appris de At Tâj Al Kindî. Il avait une très belle écriture. Les gens tieraient profit de ses analyses dans plusieurs domaines de scienceet suivaient le bon chemin à travers lui. Il acquit une grande renommée auprès des gouverneurs et des lambdas. Il fit un jour ses ablutions près du sultan Al Ashraf alors qu'il était au sein du châteaupour écouter [le commentaire du recueil de] Al Bukhârî auprès de Az Zabîdî. Lorsqu’il finit ses ablutions, le sultan secoua sa serviette personnelle et l’étendit sur le sol afin qu’il puisse marcher dessus [pour que les pieds mouillés de Al Faqîh Al Yûnînî n’aient pas à toucher le sol]. Le sultan jura qu’elle était propre et qu’il devait impérativement marcher dessus, ce que fit alors le Shaykh. "

 

 

Et l’Imâm Ibn Rajab Al Hanbalî a dit dans son Dhaylu Tabaqât Il Hanabilah :

 

 

" Tous les rois le vénéraient et le considéraient hautement. Parmi eux figurent les enfants de Al ‘Adîl (le petit frère de Salâh Ud Dîn Al Ayyûbî qui fut gouverneur et général de l’armée)] et d’autres. Également des maîtres et juristes comme Ibn As Salâh, Ibn ‘Abd Is Salâm, Ibn Al Hâjib et Al Husrî, des juges comme Ibn Sanâ Ad Dawlah, Ibn Al Jawzî et bien d’autres. Les gens bénéficiaient de son savoir ainsi que de son expertise, et impruntaient les voies de la piété par son biais. Il était très imposant, coiffé de cheveux blancs brillants, élégant, bien bâti, de bon caractère et empli de dignité. Il avait l'habitude d'être vêtu d'une coiffe dont la laine qui était à l'éxtérieur était la même que celle de son mâitre le Shaykh ‘Abdullah. Il était très suivi et écouté.

 

 

Il fut rapporté qu’un jour il mit l’intention de voyager pour Harrân. Il dit à ce sujet : " La nouvelle m’était parvenue comme quoi y résidait un homme maîtrisant pleinement la science de l’héritage. C’est alors que je reçu une lettre de Shaykh ‘Abdullah Al Yûnînî la nuit précédent le matin durant lequel je souhaitais entreprendre mon déplacement. Il y insistait pour que je voyage vers Al Quds Ash Sharîf (Jerusalem), choseque je ne voulais pas faire. J’ouvris alors un exemplaire du Qur°ân et je suis tombé sur ce verset de L’Exalté : " Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie " (36:21). Et lorsque je suis finalement arrivé à Jérusalem, j’y ai rencontré Al Harrânî ! J’appris alors la science de l’héritage auprès de lui jusqu’à ce queje sentis même que j'étais devenu plus compétentque lui en la matière. "

 

 

[…] Il mourut le 19 ramadan de l’année 658 H. à Ba’labak. Il fut enterré aux côtés de son shaykh ‘Abdu Llâh Al Yûnînî, qu’Allâh leur fasse miséricorde à tous les deux. "

 

 

Il eut deux fils qui furent célèbres pour leur érudition, notamment en jurisprudence hanbalite en hadîth et en Histoire :

 

 

- Sharaf Ud Dîn Abu-l-Husayn ‘Alî Ibn Muhammad Al Yûnînî Al Husaynî qui naquit en 621 H et mourut en 701 à Ba’labak, de qui subsiste la copie du plus vieux manuscrit du Sahîh Al Bukhârî, qu’il écrivit à partir de quatre autres manuscrits et de trois narrations orales intégrales. Il fut ensuite transmis via le manuscrit du Sahîh Al Bukhârî écrit par le Hâfiz Muhammad Al Badrânî. Cette copie est actuellement conservée à Berlin. Il eut un fils prénommé ‘Abd Ul Qâdir et surnommé Muhyi-d-Dîn qui fut également un grand savant hanbalite.

 

 

- Et Qutb Ud Dîn Abu-l-Fath Mûsâ Ibn Muhammad Al Yûnînî Al Husaynî qui naquit en 640 H. à Damas et mourut en 726 H. à Ba’labak. Il fut l’auteur d’une continuation de l’ouvrage Mir’ât Uz Zamân de Sibt Ibn Al Jawzî qu’il intitula Dhaylu Mir’ât Iz Zamân.

 

 

Que La Paix d’Allâh soit sur l’Imâm Muhammad Al Faqîh Al Yûnînî et l’ensemble de la famille du Messager d’Allâh.