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Abû Muhammad Al Juwaynî - أبو محمد الجويني (d.434 ou 438)

Jan 17, 2014

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Al Hâfiz Adh Dhahabî a dit de lui dans son Siyar A'lâm In Nubalâ° :

 

 

" Le maître des shâfi'ites Abû Muhammad 'Abdu Llâh Ibn Yûsuf Ibn Muhammad Ibn HayawayhAt Tâ°î As Sinbasî (comme le mentionna Al Malik Al Mu°ayyad) Al Juwaynî, le père de l'Imâm Ul Haramayn. Il était un juriste, méticuleux, authentificateur, un grammairien et un exégète du Coran. […] Il apprit le hadîth [en Perse] auprès de Abû Nu'aym Al Isfarâyînî, Ibn Mahmash, et à Baghdad auprès de Abu-l-Hasan Ibn Bishran et bien d'autres. Rapportèrent le hadîth de lui son fils Abu-l-Ma'âlî, 'Alî Ibn Ahmad Ibn Al Akhmar et Sahl Ibn Ibrâhîm Al Masjidî.

 

 

[…] Il décéda au mois de dhu-l-qi'dah 434 H. Il fut une grande figure du mahd-hab [shâfi'ite] et déclara mécréant quiconque est l'auteur d'un mensonge sur le compte du Prophète (). Au cours de cette même année, le Shaykh en matière de récitation coranique Abû 'Alî Al Hasan Ibn Muhammad Al Baghdâdî mourut en Egypte, et Abû Ahmad Muhammad Ibn 'Alî Ibn Saywiyah Al Mu°addib, Abû Bakr Muhammad Ibn 'Abdi Llâh Ibn Muhammad At Tabbân et bien d'autres moururent. "

 

 

Et Al Qâdî Ibn Khallikân fit sa biographie en ces termes dans son Wafayât Ul A'yân :

 

 

" Abû Muhammad 'Abdu Llâh Ibn Yûsuf Ibn Muhammad Ibn Hayûyah Al Juwaynî est un savant de l'école shâfi'ite et le père de l'Imâm Ul Haramayn. Il fut un grand mâitre dans l'exégèse coranique, la jurisprudence, la théologie discursive, la grammaire et la linguistique. Il apprit cette dernière matière à Juwayn auprès de son père Abû Ya'qûb Yûsuf, puis partit pour Naysâbûr où il étudia la jurisprudence auprès de Abu-t-Tayyib Sahl As Sa'lûkî.

 

 

Il partit ensuite à Merv et étudia auprès de Al Qaffâl Al Marwazî [...]. Il suivit avec beaucoup d'assuidité les cours donnés par ce dernier et en tira de nombreux profits et enseignements. Au travers de ses cours, il acquit également une solide connaissance du droit shâfi'ite, une grande habileté dans le débat d'idée et une parfaite maîtrise du système qu'il avait spécialement établit en ce qui concerne les fondements de la jurisprudence.

 

 

Après avoir terminé ses études auprès de Al Qaffâl, il retourna à Naysâbûr en 407 H. et obtint un poste de professeur et de muftî. Un grand nombre de gens, dont son propre fils l'Imâm Ul Haramayn, suivirent leurs études auprès de lui. Le plus profond des respects lui fut toujours accordé et aucune conversation, si ce n'est les plus sérieuses, se tenaient en sa présence.

 

 

Il rédigea une volumineuse exégèse coranique contenant des enseignements divers et variés, ainsi qu'un certain nombre d'ouvrages de droit, comme At Tabsirah, At Tadhkirah, un précis du Mukhtasar [Al Muzânî], Al Furuq, Al Jam', As Silsilah, Mawqif Ul Imâm Wa-l-Ma°mûn, ainsi qu'un certain nombre de courts commentaires [d'ouvrages existants]. Il avait aussi mémorisé un grand nombre de ahâdîth.

 

 

Il décéda au cours du mois de dhu-l-qi'dah 438 H., selon ce que mentionne As Sam'ânî dans son Dhayl, mais il affirma dans son Al Ansâb que cela arriva en 434 H. à Naysâbûr, et Allâh sait mieux ce qu'il en est ! Ce même auteur mentionna qu'il mourut à un âge avancé et rapporta l'anecdote suivante racontée par le Shaykh Abû Sâlih Al Mu°adhdhîn : " L'agonie du Shaykh Abû Muhammad Al Juwaynî dura 17 jours, et il exprima le souhait que le lavage mortuaire de son corps soit réalisé par moi-même et que je préside son enterrement. Lorsqu'il décéda, je l'ai lavé et m'aperçu que l'aisselle de son bras droit était lumineuse et ne comportait aucune entaille. Elle brillait comme la lune, ce qui m'émerveilla. Je me dis alors à moi-même : " Cette bénédiction est due à ses fatâwâ. ". "

 

 

Al Juwaynî signifie être originaire de Juwayn, qui est un vaste territoire situé non loin de Naysâbûr, bondé de bourgades. "

 

 

Et le Shaykh Jibrîl Al Haddâd a dit :

 

 

" Une épître traitant de l'Istiwâ d'Allâh sur le Trône a été faussement attribuée à l'Imâm Al Juwaynî par Munir Agha parmi les publications de sa " Salafi Press " au cours des années 30, sous le titre Ar Risâlah Fî Ithbât Al Istiwâ Wa-l-Fawqiyyah. Cette fausse attribution a été assumée sans vérification par les "salafistes" modernes qui la mentionnèrent dans le but d'affirmer que Al Juwaynî se serait repenti de la théologie ash'arite à la fin de sa vie et se serait orienté vers des concepts anthropomorphistes. L'épître en question n'est mentionnée dans aucune des sources bibliographiques et biographiques, et Adh Dhahabî ne la mentionna même pas dans son encyclopédie des points de vues anthropomorphistes intitulée Al 'Uluww. Plus encore, elle est écrite dans un style argumentatif moderne et reflète des positions anthropomorphistes typiquement contemporaines. Qui plus est, il n'est pas rapporté authentiquement que son fils [Abu-l-Ma'âlî] Al Juwaynî, Al Fakhr Ar Râzî, Al Ghazâlî et aucun des principaux ash'arites, anciens comme tardifs, ait changé les fondements de leurs avis thélogiques concernant la pertinence de l'interprétation (at ta°wîl) des Attributs d'Allâh en concordance avec les règles de la langue Arabe et l'enseignement délivré par le verset " Et rien n'est tel que Lui " (42:11). " [Sunnah.org].

 

 

Cette épître fut en réalité écrite par le shaykh hanbalite 'Imâd Ud Dîn Al Wâsitî, décédé en 711 de l'Hégire, soit près de trois siècles après l'Imâm Abû Muhammad. Et contrairement à ce que dit le Shaykh Jibrîl, elle ne tend pas forcément vers des concepts anthropomorphistes, mais étant donné le fait qu'elle est composée selon la plus pure approche atharite, elle se voit ainsi facilement mal interprétable par les mushabbihah et incomprise aussi bien par ces derniers que par des sunnites n'envisageant l'abord des Attributs Divins que sous l'angle du kalâm.

 

 

Quoiqu'il en soit, comme le disait le Qâdî Tâj Ud Dîn Ibn As Subkî dans son Tabaqât Ush Shâfi'iyyah Al Kubrâ :

 

 

" On constate chez les innovateurs, en particulier chez les anthropomorphistes, une coutume qu'on ne trouve pas chez les autres groupes : ils ont recours au mensonge afin de rendre victorieuse leur doctrine. Ils utilisent notamment le faux témoignage à l'encontre de ceux qui les contredisent en attaquant leur personne et leurs biens par le mensonge afin de confirmer leur croyance […] Qu'Allâh châtie d'un vil châtiment celui qui accomplit ce genre de vilenies ! "

 

 

Qu'Allâh fasse miséricorde à l'Imâm Abû Muhammad Al Juwaynî ainsi qu'à l'ensemble des ahl us sunnah, dont il est assurément l'un des illustres représentants. Allâhumma âmîn.