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Abû 'Abdi Llâh Al Qudâ'î – أبو عبد الله القضاعي (d.454)

Déc 29, 2014

al-azhar-le-caire

Il était le Qâdî des shâfi’ites de toute l’Egypte et un éminent spécialiste du hadîth. Il essaya tant bien que mal de préserver le sunnisme dans ce pays qui était alors gouverné par la dynastie chiite ismaélienne Fatimide.

 

 

Al Hâfiz Shams Ud Dîn Adh Dhahabî a dit à son sujet dans son Siyar A’lâm In Nubalâ° :

 

 

" Le juriste, l’érudit, Al Qâdî Abû ‘Abdi Llâh Muhammad Ibn Salâmah Ibn Ja’far Ibn ‘Alî Al Qudâ’î Al Misrî Ash Shâfi’î, juge de l’Egypte et auteur du livre Ash Shihâb, la version dépouillée [des chaînes de transmissions] comme celle contenant les chaînes de transmissions.

 

 

Il apprit [le hadîth] auprès de Abû Muslim Muhammad Ibn Ahmad Al Kâtib, Ahmad Ibn Tharithâl, Abu-l-Hasan Ibn Juhdam, Ahmad Ibn ‘Umar Al Jîzî, Abû Muhammad Ibn Nujâs Al Mâlikî et plusieurs autres.

 

 

Rapportèrent de lui Abû Nasr Ibn Mâkûlâ, Abû ‘Abdi Llâh Al Humaydî, Abû Sa’d ‘Abd Ul Jalîl As Sâwî, Sahl Ibn Bishr Al Isfarâyînî, Abu-l-Qâsim An Nasîb, Abû ‘Abdi Llâh Muhammad Ibn Ahmad Ibn Ar Râzî et d’autres parmi les gens de l’Occident musulman et les [étudiants] itinérants.

 

 

Ibn Mâkûlâ dit : " Il était habile dans plusieurs sciences, et je n’ai pas vu en Egypte quelqu’un qui lui ressemblait dans sa démarche. "

 

 

Ghîth Al Armanâzî a dit : " Il était remplaçant dans la fonction de juge en Egypte. Il écrivit des ouvrages, parmi lesquels on compte l’Histoire abrégée du début de la création jusqu’à son époque à travers un petit volume et un livre de récits concernant Ash Shâfi’î. "

 

 

Et un autre a dit : " Il écrivitun recueil de notices biographiques consacré à ses maîtres, ainsi que le livre Dustûr Ul Hikam. D’éminents spécialistes du hadîth (huffâz) tels que Abû Bakr Al Khatîb et Abû Nasr Ibn Mâkûlâ ont écrit sur lui. "

 

 

Et le jurisconsulte Nasr Ibn Ibrâhîm a dit : " Al Qudâ’î est venu à nous en tant qu’émissaire des égyptiens au sein de l’Empire Romain, mais il repartit sans que je puisse apprendre de lui de vive voix, mais j’ai finalement pu rapporter de lui par ijâzah. "

 

 

As Silafî a dit : " Il était parmi les dignes de confiance (thiqât) et confirmés (athbât). Il était shâfi’ite aussi bien en matière de droit que les croyances. Tout en lui était agréé [par la religion]. "

 

 

Al Habbâl a dit : " Il est décédé en Egypte au mois de dhu-l-hijjah de l’an 454. ". "

 

 

Et comme mentionné ci-dessus, il est l’auteur du Dustûr Ma’âlim Il Hikam Wa Ma°thûr Makârim Ish Shiyam Min Kalâm Amîr Al Mu°minîn ‘Alî Ibn Abî Tâlib ‘Alayhi-s-Salâm. Ce livre est un recueil de sermons, de lettres, d’invocations et de sagesses de l’Imâm ‘Alî Ibn Abî Tâlib (que La Paix soit sur lui). Ecrit dans un contexte où le pouvoir en Egypte était d’obédience chiite ismaélienne, l’oeuvre se veut l’équivalent sunnite du Nahj Ul Balâghah : ouvrage chiite qui commençait à bien circuler dans les milieux intellectuels chiites et prétendant recenser des propos de l’Imâm ‘Alî, dont la quasi-totalité sont dépourvus de chaînes de transmissions et introuvables dans des ouvrages antérieurs, autrement dit forgés. L’ouvrage du Qâdî Al Qudâ’î est quant à lui de belle facture et sourcé. Il l’introduisit comme suit :

 

 

" Louange à Allâh dont le Savoir embrasse toute chose, le Jugement et la Directive dirige chaque créature, et le Pardon et la Longanimité enveloppe l’ensemble de Ses servtieurs. Il octroie la sagesse à qui Il veut parmi Ses élus, et choisit pour cette sagesse le sincère parmi ceux qu’Il a sélectionné, comme une grâce et une immense faveur de Sa part, car " celui à qui la sagesse a été donnée a reçu un bien incommensurable " (2:269). Exalté est Allâh, Le Sage, Le Parfaitement Connaisseur, " rien n'est semblable à Lui ! Il est Celui qui entend tout, Celui qui voit tout ! " (42:11).

 

 

Que la Prière d’Allâh soit sur le particulièrement favorisé par la sage parole, Son exposition et Sa preuve éclatante, assisté divinement par la guidance et l’infaillibilité, qui leva les voiles de l’aveuglement et des ténèbres de telle sorte que les pilliers de la foi brillèrent, que les bannières du Coran furent élevées, que les langues affirmèrent l’unicité de Dieu, et que les faussetés duent à l’erreur et à la calomnie se désintégrèrent. Bénie soit la Famille de Muhammad, choisie comme légataire de Son Livre et qu’Il gratifia des plus larges récopenses. Il fit d’eux des guides pour la Communauté, des juges et des défenseurs des lois de Sa religion. Qu’Il répande la Paix sur lui ainsi que sur eux.

 

 

J’ai collecté au sein d’un livre près de 1200 sentences, maximes, conseils et orientations enjoignant une noble éthique à partir des paroles du Messager d’Allâh, intitulé Ash Shihâb. Suite à son achèvement, un de mes confrères me demanda de collecter approximativement le même nombre de propos énoncés par le Commandeur des croyants ‘Alî Ibn Abî Tâlib. Il me demanda de me référer aux textes que je rapporte moi-même [par chaîne de transmission continue] ainsi qu’aux livres composé par ceux en qui j’ai confiance, tout comme je l’avais fait pour Ash Shihâb. J’ai alors recherché la guidance de Dieu et ai collecté des propos de ‘Alî, ses paroles éloquentes, ses maximes avisées, ses conseils et orientations enjoignant une noble éthique, répondant aux interrogations, [comportant] des prières, des invocations, des versets protégés et des allégories. J’ai rédigé neuf chapitres classifiés par thème comme suit :

 

 

- chapitre 1 : de ce qui fut transmis de lui comme sages paroles,

 

- chapitre 2 : de ce qui fut transmis de lui comme désaveu de ce bas-monde et exhortations à s’en défaire,

 

- chapitre 3 : de ce qui fut transmis de lui comme conseils,

 

- chapitre 4 : de ce qui fut transmis de lui comme prescricptions et proscriptions,

 

- chapitre 5 : de ce qui fut transmis de lui comme questions-réponses,

 

- chapitre 6 : de ce qui fut transmis de lui comme propos édifiants,

 

- chapitre 7 : de ce qui fut transmis de lui comme propos uniques et concis,

 

- chapitre 8 : de ses prières et invocations,

 

- chapitre 9 : des vers de poésie composé de sa main sur lesquels je suis tombé.

 

 

J’ai attaché à chaque texte que j’ai transmis une marque indiquant son transmetteur, que j’ai expliqué à la fin du livre. J’ai inclus les chaînes de transmissions pour les longs récits et indiqué par la marque جا ceux que j’ai trouvé dans des textes dépourvus de chaîne de transmissions orales continues.

 

 

Je me tourne vers Allâh (qu’Il soit exalté) afin d’obtenir une bonne réussite de telle sorte à accomplir ce qui Lui plaît et d’otenir l’assistance nécessaire pour mener cette tâche à bien, une tâche dont l’entreprise me rapprochera de Lui. Et Il me suffit et est mon Garant le plus bénéfique."

 

 

Et Al Qâdî Ibn Khallikân a dit dans son Wafayât Ul A’yân :

 

 

" Il mourut au Vieux Caire dans la soirée du jeudi 16 dhu-l-qa’dah, et la prière mortuaire fut faite sur lui dans le lieu de prière de An Najjâr le lendemain après-midi. As Sam’ânî mentionna dans sa biographie consacrée à Al Khatîb Abû Bakr Ahmad, l’auteur du Târîkh Baghdâd, que Al Khatîb fit le Pèlerinage en 445 H., la même année que Abû ‘Abdi Llâh Al Qudâ’î, et qu’il apprit des ahâdîth de lui. "

 

 

Qu’Allâh fasse miséricorde à ce chantre du sunnisme, illumine sa tombe et lui offre les plus hauts degrés de Paradis. Allâhumma âmîn.