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Posséder un chien selon l'Islâm (Ibn 'Abd Il Barr, Ibn Abî Zayd Al Qayrawânî, Al Bâjî...)

Fév 20, 2014

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Sayyidunâ Abû Hurayrah (qu'Allâh l'agrée) rapporta que le Messager d'Allâh (ﷺ) a dit :

 

 

" Celui qui garde un chien chez lui, son œuvre diminuera chaque jour d'un qirât, sauf s'il s'agit d'un chien gardant les cultures ou un chien de chasse. " [Al Bukhârî].

 

 

Sayyidunâ 'Alî Ibn Abî Tâlib (qu'Allâh illumine son visage) rapporta aussi que le Prophète (ﷺ) a dit :

 

 

" Les Anges n'entrent pas dans une maison dans laquelle il y a un chien [...] " [Abû Dâwud].

 

 

Et Sayyidunâ 'Abdu Llâh Ibn Al Mughaffal (qu'Allâh l'agrée) a dit :

 

 

" Le Prophète (ﷺ) avait ordonné de se débarrasser des chiens, puis il autorisa ensuite les chiens de chasse et les chiens de troupeaux. " [Mâlik et Muslim],

 

 

ceci car, à cette époque, vivaient des chiens atteints de la rage qui attaquaient les gens dans sa ville.

 

 

Prenant tout cela en compte, l'Imâm Abû 'Umar Ibn 'Abd Il Barr (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

 

" D'après ce hadîth, il est autorisé de posséder un chien de chasse, de troupeau ou de labour. Ceci est interdit pour toute autre utilité. Cependant, par analogie à la chasse, tout ce qui procure des avantages et repousse les préjudices est soumis au même verdict. En conséquence, il est absolument interdit de posséder un chien sans aucune nécessité, car il effraie les gens et empêche l'entrée des Anges [dans les habitations]. " [At Tamhîd].

 

 

Al Imâm Ibn Abî Zayd Al Qayrawânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit aussi :

 

 

" On ne doit pas élever de chien au sein des habitations, que ce soit à la ville ou à la campagne, sauf pour garder les cultures ou accompagner les troupeaux dans les lieux déserts pour revenir ensuite avec celui-ci, ainsi que pour la chasse faite dans le but de subvenir à ses besoins, et non comme distraction. " [Ar Risâlah].

 

 

Le Shaykh Sâlih Al Âbî Al Azharî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) commenta cette parole en disant :

 

 

On a dit aussi qu'ils sont autorisés pour la garde des habitations. Cependant, si le chien est dangereux, il est alors interdit de le garder sauf si c'est un chien de garde ou un chien de berger. " [Thamr Ud Dânî].

 

 

Et l'Imâm Abu-l-Walîd Al Bâjî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

 

 

" Ibn Al Mawwâz a rapporté que Ibn Al Qâsim a dit : " Personne n'est autorisé à garder les chiens dans sa maison afin de protéger les gens qui l'habite ou de se préserver des voleurs. Car cela n'est pas inclus dans les situations permises par la sharî'ah et parce qu'il n'est pas permis de blesser le voleur, ni de le tuer. Le voleur doit seulement être chassé. Le chien est cependant autorisé pour tuer les animaux sauvages qui attaquent les troupeaux ou endommagent les labours, ainsi que pour la chasse. ". " [Al Muntaqâ° Sharh Al Muwattâ°].

 

 

Et par analogie concernant le chien de troupeau, le chien servant à guider les malvoyants et les aveugles sont eux aussi autorisés, tout comme les chiens de sécurité et de police le sont par analogie aux chiens de chasse.

 

 

Et précisons que le chien demeure une créature d'Allâh qui se doit d'être respectée, nous ne faisons ici mention, de manière strictement jurisprudencielle, que de la permission ou non de posséder un chien sans raison particulière. D'ailleurs, le Shaykh Abu-l-Hasan Yûsuf Al Qurtubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) rapporta que son père vit un jour le célèbre jurisconsulte Abû Muhammad 'Abd Ur Rahmân Al Qurtubî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) marcher dans un chemin boueux, en plein hiver, lorsqu'un chien arriva dans l'autre sens, en face de lui. Et Abu-l-Hasan Al Qurtubî raconta que son père a dit sur cela :

 

 

" Il (Abû Muhammad Al Qurtubî) s'arrêta et se colla au mur pour laisser passer le chien. Mais quand le chien arriva, Abû Muhammad passa de l'autre côté du chemin, c'est-à-dire sur le bas-côté [où s'écoulent les eaux usées], afin que l'animal puisse passer sur le côté le plus haut. C'est alors que j'arrivais vers lui, et j'eus l'impression qu'il était triste.

 

 

Je lui dis : " Sayyidî, je viens de te voir faire quelque chose de bien étrange. Pourquoi t'es-tu jeté dans la boue et as-tu laissé passer ce chien là où le chemin était praticable ? "

 

 

Il répondit : " Quand je m'apprêtai à laisser passer le chien, je me suis rendu compte que le mur auquel je me collais se trouvait sur la partie haute du chemin, et j'ai alors pensé que c'était me placer plus haut que lui, alors qu'il vaut mieux que moi et qu'il est bien plus digne d'être honoré. Car en effet, j'ai désobéi à Allâh et suis couvert de péchés, ce qui n'est pas son cas. Voilà pourquoi je suis passé sur le bas-côté, mais maintenant j'ai peur d'avoir provoqué la colère d'Allâh pour m'être élevé au-dessus d'un être qui vaut mieux que moi. Pourvu qu'Il me pardonne ! ". " [Ahmad Ibn Mustafâ Al 'Alawî - Mawwâd Ul Ghaythiyyah].

 

 

Et les croyants se doivent de garder à l'esprit que l'être humain passe avant toute chose, et que si une personne a de l'amour à donner et de l'argent à dépenser, assez de personnes souffrent dans le monde pour pouvoir en bénéficier. 

 

 

Et toute la louange appartient à Allâh.