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Abu-l-Qâsim Al Qushayrî - ابو القاسم القشيري (d. 465)

Mar 2, 2014

Al Hâfiz Adh Dhahabî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) le mentionna en ces termes dans son Siyar A’lâm In Nubalâ :

 

 

" L’imam, l’ascète, le chef de file, le professeur Abu-l-Qâsim 'Abd Ul Karîm Ibn Hawâzin Ibn 'Abd Il Malik Ibn Talhah Al Qushayrî Al Khurâsânî An Naysâbûrî, le shâfi’ite, le soufi, l’exégète, auteur de la Risâlah. "

 

 

Et le Shaykh Tâj Ud Dîn Ibn As Subkî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit de lui :

 

 

" Ses contemporains estimèrent à l'unanimité qu'il était le shaykh de leur époque, le modèle de son temps et la bénédiction des musulmans à son époque. " [Tabaqât Ush Shâfi'iyyah Al Kubrâ].

 

 

Al Qâdî Ibn Khallikân (qu'Allâh lui fasse miséricorde) fit sa biographie en ces termes dans son Wafayât Ul A’yân :

 

 

" Abu-l-Qâsim 'Abd Ul Karîm Ibn Hawâzin Ibn 'Abd Il Malik Ibn Talhah Ibn Muhammad Al Qushayrî était un savant de l'école shâfi'ite, il fut l'un des hommes les plus érudits de son temps en matière de jurisprudence, exégèse coranique, hadîth, théologie, belles-lettres et poésie. Il était aussi doté d’une grande habileté en calligraphie et avait une profonde connaissance du soufisme dont il associait les pratiques en parfaites concordance avec la sharî’ah.

 

 

Sa généalogie remonte à un des Arabes qui s’installa au Khorasan [lors de la conquête de la région par les musulmans], et sa famille habitait un endroit appelé Ustuwa. Il perdit son père à un âge précoce et dévoua sa jeunesse à l’étude de la littérature. Il possédait une bourgade aux alentours de Ustuwa, mais en raison de la taxation excessive qu’il subissait [des autorités locales], il décida de partir un temps pour Naysabur afin d’y acquérir un savoir suffisant en arithmétique pour devenir assesseur et être enfin en mesure de protéger sa bourgade de la rapacité des officiers collecteurs de taxes. En arrivant dans cette ville, il alla assister aux leçons délivrées par le Shaykh Abû ‘Alî Al Hasan Ibn ‘Alî Ad Daqqâq, qui était le grand maître de son époque. Les propos qu’il entendait firent grandirent son admiration [pour le Shaykh] à un tel point qu’il délaissa finalement son projet initial afin de s’engager pleinement dans la voie du soufisme. Ad Daqqâq remarqua sur son visage les signes d’une noblesse d’âme, il l’accueillit ainsi avec bonté et l’accepta [auprès de lui]. Il exalta sa forte ambition et l’encouragea dans l’acquisition de savoir. Sur ce fait, Abu-l-Qâsim fut invité à suivre les leçons de Abû Bakr Muhammad Ibn Bakr AtTûsî, auprès de qui il poursuivit son étude de droit jusqu’à recopier l’intégralité des cours prodigués par ce maître. Son autre maître fut Abû Bakr Ibn Fawrak, auprès de qui il étudia avec assiduité jusqu’à maîtriser la science de la théologie scolastique.

 

 

Il partit ensuite assister aux cours donnés par Abû Ishâq Al Isfarâyînî, au cours desquels il était, lors des premiers jours, qu’un simple auditeur libre, jusqu’à ce que Abû Ishâq finisse par lui dire que le savoir qu’il enseignait ne pouvait pas être acquis par une simple écoute et qu’il était absolument nécessaire de la noter par écrit. C'est alors que Abu-l-Qâsim lui récita l'ensemble des cours qu'il avait entendu au cours des précédentes journées. Abû Ishâq fut ainsi frappé d'admiration suite à ce fait si étonnant et apprécia pleinement les si grandes facilités de cet élève. Il l'honora en disant : " Il n'est pas nécessaire que tu assistes à mes cours, tout ce que tu as à faire est de lire mes livres. " Abu-l-Qâsim continua ainsi ses études chez lui et après avoir acquit une complète maîtrise des procédés spécifiques aux deux enseignants qu'étaient Ibn Fawrak et Abû Ishâq, il étudia en profondeur les écrits composés par le Qâdî Abû Bakr Al Bâqillânî. Au cours de cette période, il assistait régulièrement aux assises présidées par Ad Daqqâq et épousa sa fille, bien qu'elle fut auparavant plusieurs fois mariée. A la mort de son beau-père, il continua à progresser dans le soufisme en multipliant les actes d'adorations afin d'atteindre l'accomplissement spirituel et délivrer son coeur de l'emprise de l'égo. C'est à partir de cette période qu'il commença à écrire, et il finit, avant l'année 410, sa grande exégèse du Coran intitulée At Taysîr Fî 'Ilm It Tafsîr qui est l'un des meilleurs ouvrages dans le domaine. Un autre de ses écrits est un traité sur les éminents personnages de la voie soufie.

 

 

En partance pour son Pèlerinage à La Mecque, il rencontra une caravane où se trouvait le Shaykh Abû Muhammad Al Juwaynî, le père de l'Imâm Al Haramayn [Abu-l-Ma'âlî], [Abû Bakr] Ahmad Ibn Al Husayn Al Bayhaqî, et un certain nombre d'autres éminents personnages auprès de qui il apprit le hadîth aussi bien à Baghdad qu'au Hijâz.

 

 

Il était également un très bon cavalier et était habile dans le maniement des armes. A travers l'excellence de ses sermons et echortations, il devint un précheur de premeir plan, et il ouvrit une classe d'enseignement du hadîth au cours de l'année 437.

 

 

Abu-l-Hasan 'Alî Al Bâkharzî le mentionna dans Dumyat Ul Qasr avec de grandes éloges, disant de lui que s'il avait frappé une roche par le fouet de ses avertissements, il se serait liquéfié, et que si le diable avait eu accès à ses exhortations, il se serait converti à Allâh. Al Khatîb parla de lui en ces termes dans son Târîkh Baghdâd :

 

 

" Il arriva chez nous durant l'année 448 et enseigna le hadîth que nous notions sous sa dictée. Il était un narrateur de hadîth considéré comme fiable. Il racontait aussi des anecdotes, prêchait avec beaucoup d'élégance et ses arguments figuraient parmi les plus puissants. Il suivait les enseignements de Al Ash'arî en matière de théologie et adhérait à l'école shâfi'ite en matière de jurisprudence. "

 

 

'Abd Ul Ghâfir Al Fârisî le mentionna également dans son Târîkh, et il y est notamment rapporté par Abû 'Abdi Llâh Muhammad Ibn Al Fadl Al Farâwî qu'il entendit 'Abd Ul Karîm Al Qushayrî réciter les vers suivant qu'il avait lui-même composé :

 

 

 

Cette région en pleine ébullition scientifique n'échappa pas, à l'instar de Baghdâd, de l'hérésie des sectes et de la faible science des hommes de pouvoir dont les croyances étaient parfois douteuses et qui se faisaient vite embarquer par les libres-penseurs des différentes sectes installées dans les régions de l'Empire Musulman. Ainsi, le Vizir Al Kindarî épousa les thèses mu'tazilites et ordonna que les Ahl Us Sunnah soient insultés et maudits du haut des minbars des mosquées. Il plaça comme Imâms les grands penseurs de la secte qui exécutèrent son ordre aussitôt. Cette conspiration contre la Sunnah contraint de nombreux savants sunnites à s'exiler afin d'éviter la mise à mort, l'emprisonnement et les représailles sur leurs familles. Al Imâm Abul Qâsim Al Qushayrî choisit quant à lui la résistance intellectuelle dans un premier temps. Il intensifia ses prêches, exhorta les foules et écrit le magnifique ouvrage Shikâyat Ahl Us Sunnah – La Plainte des Ahl Us Sunnah, ouvrage dans lequel il défend les positions de l'école ash'arite et détruit les mensonges que Al Kindarî et ses valets attribuaient aux Ahl Us Sunnah via les Ash'arites. Devant ses arguments irréfutables, le Vizir ne trouva d'autre choix que de l'arrêter. Il fut ainsi battu et emprisonné dans une prison de la région. Les partisans de l'Imâm Al Qushayrî ripostèrent aussitôt en assiégeant le quartier où se trouvait sa cellule et s'engagèrent dans une lutte armée qui aboutit à sa libération.

 

Il dut alors fuir sa terre natale pour éviter les représailles et l'oppression du pouvoir en place. Il fut alors accueilli et honoré par le Khalif 'Abbâside Al Qâ°im bi 'Amri Llâh (qu'Allâh lui fasse miséricorde) qui lui organisa un cercle d'enseignement pour recueillir ses exhortations et diffuser son savoir au sein de la population et des étudiants.

 

Quelques temps plus tard, la Justice d'Allâh s'abatta sur Al Kindarî et ses armées : Al Khalif Nizâm Ul Mulk rétablit l'ordre dans la région et remit la Sunnah à l'ordre du jour. Il fit également pendre Al Kindarî, et l'Imâm Al Qushayrî fut rétabli à Naysâbûr et put ainsi retrouver sa terre natale et y enseigner en toute quiétude en l'an 456.

 

Al Imâm Tâj Ud Dîn Ibn As Subkî relata que l'Imâm Al Qushayrî avait une jument qui s'abstint de toute nourriture après son décès, elle empêcha quiconque de la monter, et mourut au bout de quelques jours. [Voir le Tabaqât Ush Shâfi'iyyah].

 

Qu'Allâh fasse miséricorde et agrée le pieux Imâm Abul Qâsim Al Qushayrî, « l'un des Imâms des Musulmans par son savoir et ses œuvres, une forteresse de la religion par ses actes et ses paroles, l'Imâm des Imâms, la lanterne lumineuse au cœur des ténèbres de la déviance » [Tâj Ud Dîn As Subkî]. Qu'Allâh illumine sa tombe et fasse d'elle un vaste jardin du Paradis, que sa résurrection se fasse à l'ombre de Son trône et que ses enseignements se nichent dans les cœurs d'un maximum de Musulmans, Allâhumma Âmîn.